Du GNL pour l’industrie du nickel en Nouvelle-Calédonie

Le 17 novembre 2016 par Marine Jobert
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L'usine de nickel à Nouméa.
L'usine de nickel à Nouméa.
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C’est la production d’électricité à partir de gaz naturel liquéfié qui a les faveurs des ministères de l’environnement et de l’économie pour remplacer la cacochyme usine au fioul qui électrise le premier employeur de l’île. Moins polluant que le charbon et le fioul et plus fiable que les renouvelables, le gaz pourra alimenter l’industrie du nickel, poumon économique (encrassé) de Nouvelle-Calédonie.

Elle est vieille, sa santé laisse craindre le pire et limiter ses émissions d’oxydes d’azote et de soufre qui rendent malades les habitants de Nouméa coûterait trop cher. La question du remplacement de la centrale à fioul qui jouxte et alimente en électricité l’usine de nickel de Nouméa – le premier employeur de Nouvelle-Calédonie- est un casse-tête environnemental, financier et politique, auquel le Conseil général à l’environnement et au développement durable (CGEDD) et le ministère de l’économie viennent de consacrer une mission. Dans un rapport publié cette semaine, les hauts fonctionnaires déclarent leur flamme à une usine fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL).

Financements incertains

Pourtant, c’était l’option charbon qui tenait la corde jusqu’à présent. Trop polluant -même si les engagements de la France en matière de climat ne concernent pas la Nouvelle-Calédonie- et trop risqué politiquement, après les promesses de sortie du charbon de Paris, ont toutefois conclu les experts. Sans compter qu’il aurait pu s’avérer complexe d’obtenir des financements bancaires privés français ou européens pour une filière si polluante.

Les ENR disqualifiées

Les énergies renouvelables? Trop aléatoires, quand le secteur de la mine et de la métallurgie consomme près de la moitié de l’électricité de l’île. En 2014, les ENR ont fourni 11,7% de l’énergie consommée. Quant à la filière fioul, quoique robuste et nécessitant un investissement «raisonnable» de 600 millions d’euros, elle reste trop polluante et offre un mégawattheure encore trop élevé.

Lancer d’urgence le projet

Seul écueil pour le GNL: la sûreté, car des habitations jouxtent le site. Les hauts fonctionnaires les situent «au-delà d’un rayon de 1 km», quand un reportage dans Le Monde les place à 500 mètres (soit la distance létale ordinairement retenue en cas d’explosion). Coût estimé du projet: 500 millions d’euros, avec un coût de l’électricité relativement comparable à celui d’une centrale au charbon et un tiers moins cher qu’actuellement. Reste à lancer de toute urgence le projet, insistent les auteurs, pour espérer une entrée en service en 2021. En visite sur l’île en mai dernier, Manuel Valls avait promis une garantie sur le financement de la construction de la nouvelle centrale. En espérant que, d’ici là, la centrale au fioul tienne le coup…

 



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