Du gaz de schiste dans l’eau potable

Le 10 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Des scientifiques américains ont échantillonné des puits situés à proximité de forages de gaz de schiste et ils ont découvert du méthane dans l’eau potable à des concentrations 17 fois supérieures à la normale.
Selon une étude qui vient d’être publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Science et reprise aujourd’hui 10 mai par le journal britannique The Guardian, 85% des puits d’alimentation en eau potable situés dans un rayon d’un kilomètre autour des forages seraient contaminés.
 
La Pennsylvanie est assise sur de colossales réserves de gaz, le plus vaste réservoir des Etats-Unis en fait. Et les compagnies pétrolières espèrent y forer 2.000 puits cette année.
Stephen Osborn, l’un des auteurs de l’étude, déclare: «Si vous êtes propriétaire terrien et qu’un puits va être installé à moins d’un kilomètre de votre maison, je pense qu’il faut s’interroger sur la qualité de l’eau et peut-être procéder à quelques échantillonnages basiques
 
L’équipe de scientifiques de l’université Duke a collecté 68 échantillons d’eau issus de puits privés situés dans la région Nord-est des Etats de Pennsylvanie et de New York.
«Nous avons trouvé des concentrations très importantes de méthane: 64 milligrammes par litre d’eau, à comparer au milligramme, voire moins, par litre que l’on trouve normalement», souligne le professeur Rob Jackson, co-auteur de l’étude.
Le travail des scientifiques n’a pas pu prouver que la contamination puisse provenir des produits chimiques utilisés lors de la fracturation hydraulique, même si d’autres études l’avaient mise en évidence.
 
Dans ce même Etat, environ un million d’habitations sont alimentées en eau grâce à des puits privés. Et selon la législation de l’Etat, l’industrie est autorisée à forer à 60 mètres d’un puits privé.
Les chercheurs ont constaté que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA, selon l’acronyme anglais) ne surveillait pas le méthane. De plus, peu de recherche ont été menées sur l’effet de ce gaz dans l’eau potable sur la santé des consommateurs. Or il peut asphyxier lorsqu’il est très concentré, et surtout il est explosif et inflammable. Rob Jackson confirme que le principal risque est l’explosion. Cependant, a-t-il ajouté, «notre équipe réclame un inventaire des études sur les effets chroniques d’une exposition à de faibles concentrations de méthane».
 
Le document n’établit pas si le méthane a fui de puits mal cimentés ou bien s’il s’est échappé à travers les fissures de la roche suite à leur fracturation. Mais pour Rob Jackson, «l’explication la plus simple et la plus probable, c’est qu’il existe des fissures, des imperfections dans le forage, surtout dans la partie verticale près de la surface, qui favorise alors la migration du méthane. Les autres possibilités me semblent peu plausibles».


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