Du gaz 100 % renouvelable, c’est possible

Le 31 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Impossible de se passer des éoliennes pour produire du gaz renouvelable.
Impossible de se passer des éoliennes pour produire du gaz renouvelable.
VLDT

Profitant des assises européennes de la transition énergétique, l’Ademe a publié une étude sur le potentiel de production de gaz d’origine renouvelable, à l’horizon 2050. L’autosuffisance est à portée. A condition de réduire la demande et de fortement taxer les émissions de CO2.

 

A chaque étude, un constat s’impose: le 100% d’énergies renouvelables ne relève plus de l’utopie. Jusqu’à présent, les estimations péchaient par leur aspect trop global. En 2011, les experts mandatés par le Giec[1] avaient ainsi estimé que, toutes filières confondues, les énergies ‘vertes’ pouvaient satisfaire la totalité des besoins énergétiques de l’Humanité. Verdict confirmé, 5 années plus tard, par des chercheurs de l’université Stanford.

Eclairer la France

Certes, mais à y regarder de plus près, plus près de chez nous, filière par filière, l’évaluation reste-t-elle valable? Oui, a répondu en 2015 l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans un fameux rapport consacré aux énergies renouvelables électriques. Dans son étude, publiée en plusieurs temps, l’agence avait estimé qu’avec une forte maîtrise de la demande, éolien et photovoltaïque, surtout, pouvaient -en les massifiant- éclairer la France vers 2050.

Qu’en est-il du gaz? Là, encore, l’agence présidée par Bruno Léchevin s’est mise à l’ouvrage. Ouvrage rendu public, mardi 30 janvier, lors des assises européennes de la transition énergétique.

De 75 à 100%

Centrée sur les potentiels métropolitains, l’étude identifie d’abord les technologies (méthanisation, pyro-gazéification, et power to gas) et leur potentiel de production. Les rédacteurs ont ensuite imaginé 4 scénarios pour tester différentes trajectoires: 100% de renouvelable et de récupération, 100% de renouvelable et pyro-gazéification, 100% de renouvelable avec limitation de l’utilisation de la biomasse et 75% de renouvelable.

Premier résultat: le potentiel théorique, à l’horizon 2050, est de l’ordre de 620 térawattheures (TWh) par an. Bien supérieur aux besoins, évalués (là encore après une intense politique d’amélioration de l’efficacité énergétique) entre 276 et 361 TWh/an[2].

Conjuguer électricité et gaz renouvelables

Deuxième enseignement: produire beaucoup de gaz renouvelable nécessite un fort développement des renouvelables… électriques. Les éoliennes et les centrales solaires pourraient (par électrolyse de l’eau, par exemple) produire plus de 205 TWh de gaz par an, injectables ou pouvant stocker de l’énergie, laquelle peut être convertie en électricité après passage en pile à combustible. Le potentiel gaz de la valorisation de la biomasse est estimé, quant à lui, à près de 400 TWh. Les experts de l’Ademe n’imaginent pas, en revanche, que les énergies de récupération puissent générer plus de 25 TWh/an.

En prenant en compte certaines contraintes (accès aux réseaux, limitation de l’usage de la biomasse, rendement de conversion énergétique), le potentiel effectivement injectable tourne plutôt autour de 460 TWh/an. Là encore, suffisant pour alimenter gazinières et chaudières de l’Hexagone.

Loin des prix du gaz naturel

Troisième enseignement: a priori, c’est plus cher que le gaz russe ou norvégien. Selon les scénarios, le coût total de production (incluant production, stockage, transport et distribution) varient de 105 à 153 euros le mégawattheure (MWh). On est loin des prix de vente actuels du gaz naturels: une trentaine d’euros/MWh pour les industriels européens; le double pour les particuliers. Cela étant, ces coûts n’intègrent pas les externalités. Là encore, selon sa composition, le bouquet gazier renouvelable pourrait éviter, au milieu du siècle, l’émission annuelle de 45 à 65 millions de tonnes de gaz carbonique.

Ne pas oublier les externalités

Pour le cas où la valeur du carbone atteindrait à ce moment là les 200 €/t de dioxyde de carbone, cela représenterait toutefois une économie pouvant atteindre 12,6 Md€. Une paille! Autre intérêt: l’accroissement de la sécurité énergétique du pays et la baisse du montant de la facture énergétique nationale. En 2015, la France a importé pour 10 Md€ de gaz naturel.

Les rédacteurs estiment que la production nationale de gaz naturel vert pourrait être assurée par environ 10.000 sites, répartis sur l’ensemble du territoire. De quoi créer quelques milliers d’emplois pérennes et non… délocalisables.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

[2] En 2015, les Français ont consommé près de 510 TWh de gaz naturel, importés à 99 %.

 



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