Du carbone pour réduire les rejets polluants d’Alteo

Le 16 mars 2018 par Stéphanie Senet
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L'usine Alteo de Gardanne rejette 270 mètres cube d'effluents par heure
L'usine Alteo de Gardanne rejette 270 mètres cube d'effluents par heure

L’usine de production d’alumines Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) a annoncé, le 15 mars, la mise en service en 2019 d’une nouvelle installation d’épuration de ses effluents liquides. Couplant injection de gaz carbonique et de floculants, ce traitement lui permettra de se mettre enfin en conformité avec la réglementation.

 

Après des décennies de rejets sans contraintes, Alteo se jette à l’eau. Le 15 mars, le producteur d’alumines de Gardanne a annoncé le lancement de la construction d’une nouvelle unité de traitement de ses effluents liquides. Dans cette installation, ces effluents seront mixés à du gaz carbonique et un floculant. Objectif: abaisser leur pH de 12 à 9, et faciliter l’extraction des sels d’aluminium et d’arsenic avant rejet dans le milieu marin.

L’ex-Péchiney espère ainsi pouvoir respecter à partir de fin 2019 les prescriptions de l’arrêté du 28 décembre 2015 applicables à partir du 31 décembre 2021. Avec deux ans d’avance donc. Cette nouvelle technique a été testée pendant un an en collaboration avec le groupe français Air Liquide.

Après avoir rejeté des ‘boues rouges’ pendant plus de 30 ans, Alteo a en effet bénéficié d’une période dérogatoire de 6 ans pour mettre en conformité ses nouveaux effluents liquides, qui échouent au cœur du parc national des Calanques, au grand dam des associations environnementales.

 

Aluminium et arsenic en voie de progression

Aujourd’hui, l’usine rejette chaque heure 270 mètres cubes de résidus liquides, contenant 131 milligrammes d’aluminium et 0,06 mg d’arsenic. C’est encore trop par rapport à l’arrêté préfectoral qui les limite respectivement à 5 mg et à 0,05 mg à partir de fin 2021. L’injection de CO2 (livré dans un premier temps puis récupéré dans les effluents gazeux du site) permettrait de rentrer pile poil dans les clous.

 

Demande biochimique en oxygène en suspens

L’entreprise doit également améliorer les niveaux de demandes biologiques et chimiques en oxygène, c’est-à-dire l’oxydation des matières organiques. Aucune solution n’a encore été choisie, mais «Alteo étudie des techniques de nano-filtration et d’osmose», selon son directeur des opérations Eric Duchenne.

 

Le fer dans les clous

Sur les 6 indicateurs contrôlés, seul le fer affiche déjà une concentration 100 fois inférieure au nouveau plafond (0,02 mg/l).

Les travaux de cette nouvelle station de retraitement, dont le coût est estimé à 6 millions d’euros, débuteront le mois prochain. L’installation devrait être opérationnelle au premier semestre 2019, selon le PDG d’Alteo, Frédéric Ramé.

Ce qui ne rassure toujours pas le président de l’association Union Calanques Littoral. Pour son président, Henry Augier, «la seule solution reste l’arrêt total des rejets dans la Méditerranée. Le parc national des Calanques, créé en 2012, est quand même le seul parc au monde discrédité par une pollution industrielle», souligne-t-il.

 



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