Du bois dont on fait les mâts d’éoliennes

Le 19 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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1.000 arbres sont nécessaire pour construire un seul mât.
1.000 arbres sont nécessaire pour construire un seul mât.
VLDT

Un industriel allemand a développé une technique de construction de mâts d’éoliennes en bois. Après 4 ans d’essais, les premières commandes tombent.

Dans la banlieue d’Hanovre se dresse une drôle d’éolienne. Cachée dans une zone industrielle, en bordure d’autoroute, la turbine de 1,5 mégawatt tourne doucement au gré du vent. Rien ne semble la distinguer de ses centaines de consœurs que l’on observe en Basse-Saxe. L’engin, pourtant, est unique au monde.

Ça sent le sapin

Haut de cent mètres, son mât n’est pas en acier, ni en béton, mais en bois. Conçu par la société Timber Tower, ce prototype en sapin semble donner pleinement satisfaction. «Nous l’avons érigé en 2011 et depuis nous avons pu constater que ses performances sont supérieures à celles d’un mât classique», avance Tobias Natt. Une élasticité hors normes et une capacité à absorber les vibrations de la nacelle réduisent les nuisances sonores de la machine. Contrairement aux idées reçues, sa résistance au feu est excellente. «En cas d’incendie dans l’éolienne, seule la partie superficielle de la paroi serait atteinte, ce qui ne compromettrait pas l’intégrité de la structure, contrairement à un mât en acier», souligne Tobias Natt.

Des plaques de lamellé-collé

Techniquement, la tour est un savant assemblage de plaques de lamellé-collé, de 45 mètres carrés et de 30 centimètres d’épaisseur chacune. Rien de révolutionnaire. «Le secret réside dans le système de collage des plaques que nous avons mis au point», explique le juriste de l’entreprise. Récemment certifié par l’organisme de certification TÜV, le mât va bientôt sortir du bois. Un développeur en a commandé 5 exemplaires pour équiper un parc bavarois, dont les premiers tours de pales sont attendus pour fin 2016. D’autres devraient suivre… en France.

Empreinte environnementale

Conquis, Innovent entend monter 18 turbines sur des mâts en bois pour deux parcs qui doivent être construits, d’ici 2017, en Champagne-Ardenne et dans la Somme. «En préférant une matière première renouvelable et locale, le mât en bois réduit l’empreinte environnementale de l’éolien et permet de faire travailler des scieries régionales», confirme Baptiste Wambre, responsable Développement France.

Gros volume de bois

Quelques difficultés doivent encore être résolues. D’une part, obtenir les autorisations nécessaires pour monter des éoliennes sur des mâts en bois. Le développeur nordiste a déposé une demande de modification pour ses deux permis de construire. Et du fait de la nouveauté du matériau, l’administration pourrait tarder à répondre. Il faudra aussi convaincre du caractère véritablement écologique du procédé. Construire un mât d’une centaine de mètres nécessite l’abattage d’un millier d’arbres. «C’est énorme, reconnaît Baptiste Wambre. Mais la forêt française est sous-exploitée. Et en Champagne-Ardenne, le volume nécessaire à la construction de nos futurs mâts ne représente que 4 à 5% du bois extrait chaque année des forêts de la région.»



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