Du bois dans le bâtiment, mais pas forcément français…

Le 11 février 2020 par Victor Miget
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le programme National de la forêt et du Bois 2016 – 2026 a fixé un objectif de mobilisation de bois issu de forêts française, de 12 millions de m3 d’ici 2026.
le programme National de la forêt et du Bois 2016 – 2026 a fixé un objectif de mobilisation de bois issu de forêts française, de 12 millions de m3 d’ici 2026.
AQC

Dans le cadre du dispositif REX Bâtiment performants, l’Agence qualité construction (AQC) a présenté son retour d’expérience sur la construction bois. Il en ressort que le recours aux essences françaises et le calcul de l’empreinte carbone des bâtiments ne sont pas systématiques.

 

Matériau biosourcé, séquestration carbone… Le bois ne manque pas d’atouts pour décarboner le secteur de la construction.

Pourtant, la question environnementale n’interpelle par forcément les acteurs du secteur lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre un chantier bois. C’est du moins l’une des conclusions du retour d’expérience présenté par l’Agence Qualité construction (AQC) ce mardi 11 février. L’étude, menée entre mai et septembre 2019 a porté sur 25 opérations, de plus de 8m de hauteur, en cours de réalisation ou livrées depuis au moins 3 ans.

Circuit court ? Connait pas

E+C-. Créée en 2016, cette expérimentation préfigure la future réglementation RE2020. Elle intègre à l'évaluation des bâtiments leur empreinte carbone.
Quitte à mettre du bois, autant miser sur le circuit court. Or, sauf exception, l’origine Francee de la matière première n’est pas une exigence  forte des maîtres d’ouvrages et des maîtres d’œuvres. «La provenance est la plupart du temps laissée au libre choix des entreprises. », note le rapport. Un bon point : les essences sont quasi-systématiquement européennes et certifiées (PEFC et FSC)

Une affirmation qui se vérifie notamment sur les constructions en CLT (un tiers des chantiers étudiés)[1]. Les essences proviennent généralement d’Autriche, de Scandinavie et de Russie. Une offre CLT de bois français est pourtant disponible.  

Le bois français sera-t-il sauvé par les JO de Paris? L’AQC veut le croire. «Dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 par exemple, il y a une forte attente de la part de Solideo concernant l’utilisation de bois français», avance Julien Herbert, responsable de projet à l’AQC. La Société de livraison des ouvrages olympiques.a promis d’utiliser 50% de bois tricolore.

Autre initiative, celle de la Fédération nationale du bois (FNB). Celle-ci a mis en place sa marque «Bois de France» afin de fédérer et faire connaître les démarches locales. La plateforme, «préférer le bois français», fait le lien en circuit court entre l’offre et la demande.

Paradoxe

Lors de ses visites et de ses entretiens, l’AQC relève aussi l’absence de bilan carbone des opérations. «Globalement, le calcul de l’empreinte carbone était finalement peu mis en œuvre», relève Julien Herbert. Un dernier point qui devrait être réglé par la future réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE 2020) qui intégrera cette dimension carbone.

 


[1] Le bois lamellé croisé, ou CLT, est un matériau à base de bois, qui se présente sous la forme d'un panneau multicouches de lamelles ou lames de bois.