Donald Trump déclare la guerre à l’environnement

Le 20 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La guerre est déclarée
La guerre est déclarée

La présidence Trump s’évertuera à démanteler les réglementations environnementales et les institutions chargées de leur mise en œuvre.

 

Jamais un prétendant à la Maison blanche n’avait montré un tel mépris pour les questions environnementales. En même temps qu’il adoubait, mardi 19 juillet, son candidat à l’élection présidentielle, le parti républicain publiait sa plate-forme programmatique pour les élections du mois de novembre.

Pesant sa soixantaine de pages, la brochure à la couverture rouge commence plutôt bien. Comme sa rivale démocrate Hillary Clinton, Donald Trump s’accorde à dire que les réseaux de transport d’électricité américains sont obsolètes et qu’il convient de les rénover. Une promesse reprise par tous les candidats depuis des décennies. Mais passons.

 

Le parti des producteurs

C’est la suite qui est plus inquiétante. Le chapitre dédié à l’agriculture, l’énergie et l’environnement débute ainsi: «Nous sommes le parti des producteurs, des fermiers, des éleveurs, des forestiers, des mineurs, des pêcheurs professionnels et de tous ceux qui sortent de terre récoltes, ressources minérales, sources d’énergie, et tous les bienfaits de la mer qui sont le sang de la vie de notre économie». Toute la philosophie des pages qui suivent est inscrite en filigrane: plus d’obstacles à la production.

Et la lecture confirme cette impression première. Les Etats Unis étant le premier exportateur agricole du monde, l’administration Trump ne tolèrera pas que l’on use de la science et de tactique terroriste pour empêcher les producteurs de végétaux génétiquement modifiés d’exporter leurs produits partout dans le monde. Dans la même veine, le Grand Old Party (GOP) fustige le laxisme des règles sanitaires et de sécurité encadrant le contrôle des produits importés. Dit autrement, laissez-moi exporter, mais je ferme mes frontières à vos produits agricoles. Sans surprise, les OGM sont portés au pinacle, car comme chacun sait: ils sont sûrs, sains «et sauvent des millions de vies dans le monde en développement».

 

Vider l’EPA de toute autorité

Le parti à l’éléphant se fait moins virulent que lors des précédentes élections. Cette fois, il ne réclame plus l’éradication de l’agence fédérale de la protection de l’environnement (EPA), mais propose plus simplement de la vider de toute autorité. Ainsi, la protection des eaux terrestres ne doit plus être du ressort de Washington mais des Etats fédérés. Car, localement, on est plus sensible aux besoins des fermiers et des éleveurs. Plus question non plus pour ce ministère de l’environnement fédéral de réguler les émissions de gaz à effet de serre.

La politique de prévention des feux de forêts a été un échec cuisant pour l’administration Obama, estime le parti de Donald Trump. Fort heureusement, la solution existe: pour réduire les risques d’incendie, il suffit de… couper la forêt. «Cela réduira les feux de forêt, créera des emplois dans l’industrie du bois pour les familles modestes.»

 

Laissez-faire

Vous cherchiez le lien entre l’agriculture et l’énergie? Le voici: le laissez-faire. Pour le magnat de l’immobilier new-yorkais, il faut exploiter toutes les sources d’énergie. Et pas question de taxe carbone qui renchérira le prix de l’électricité et du gaz pour les familles modestes. Toujours ce souci de défendre la veuve et l’orphelin, chez Donald Trump. Et d’ailleurs, pourquoi s’obstiner à lutter contre le réchauffement? «Le changement climatique est bien loin d’être le plus important problème de sécurité qui se pose à notre nation. C’est le triomphe de l’extrémisme sur le bon sens et le Congrès doit y mettre bon ordre.» Curieusement, bien que le réchauffement ne soit plus une menace, les électriciens peuvent tout de même investir dans le captage-stockage géologique de carbone. On se demande bien pourquoi. De même, il ne leur est pas (encore) interdit d’accroître leurs parcs éoliens et photovoltaïques. A condition, toutefois, de ne pas réclamer la moindre aide publique.

«La conservation [de la nature] est inhérente au conservatisme», martèle le GOP. Ce qui, historiquement, n’est pas faux. C’est le président républicain Richard Nixon qui créa l’EPA, par exemple. Mais la conservation à la mode Trump, c’est autre chose. Elle se résume plutôt par la conservation (voire l’encouragement) de la chasse, du tir sportif, et de la pêche sans régulation aucune. De préférence sur les terres fédérales.

Qu’on se rassure, la législation protégeant les espèces menacées sera… conservée. Mais aussi allégée. Terminée la protection du loup et de tous les animaux qui ne sont pas menacés dans d’autres pays.

Last but not least: la première action du président Trump sera d’interrompre illico le financement américain du secrétariat général de la convention de l’ONU sur le changement climatique. Car, pour l’homme au casque blond, le réchauffement n’a jamais été qu’une invention des Chinois pour miner la compétitivité des produits américains.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus