Doha, en guise de synthèse

Le 07 décembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Doha: l'une des plus mauvaises COP de l'histoire de la diplomatie climatique.
Doha: l'une des plus mauvaises COP de l'histoire de la diplomatie climatique.
IISD

Alors que les négociations pourraient n’aboutir que tard dans la nuit du 7 au 8 décembre, le JDLE tente une synthèse des premiers acquis de deux semaines de tractations dans la capitale du Qatar.

Il aura fallu 9 jours pour que le président de la conférence climatique de Doha se souvienne de ses attributions onusiennes.

Ce n’est qu’à 4 heures cet après-midi 7 décembre, que l’ancien président de l’Opep, Abdallah ben Hamed al-Attiya, a exigé des négociateurs qu’ils achèvent leurs tractations avant la fin de la soirée. Le matin même, alors que la commissaire européenne à l’action climatique, Connie Hedegaard, lui enjoignait de reprendre les débats en main, le vice-premier ministre du Qatar lui rétorquait qu’il n’était pas pressé: «Je suis chez moi, et ma maison est seulement à 10 minutes en voiture!»

La batterie de rapports et d’études alarmants qui ont été publiés, ces derniers jours, n’auront donc en rien ébranlé la certitude pétrolifère des autorités du Qatar [JDLE]. Ce qui explique, en partie, l’allongement attendu des négociations.

A l’heure où nous mettons en ligne, quelques points semblent acquis. A commencer par le problème de l’air chaud.

Selon nos confrères du Guardian, l’Union européenne et la Pologne seraient convenues d’un drôle de deal. Varsovie garderait son faramineux stock de crédits nationaux (évalué à 500 millions d’unités de quantité attribuée, UQA), mais ce serait engagée à n’en vendre qu’à des pays de l’annexe 1 ayant décidé de s’engager dans une seconde période du protocole de Kyoto: l’UE, la Suisse, la Norvège et l’Australie. D’un autre côté, les 26 (l’UE moins la Pologne), la Suisse, la Norvège et l’Australie ont promis de ne pas acheter d’UQA polonais pour satisfaire à leurs obligations climatiques. L’honneur est sauf.

L’Europe parlera désormais d’une seule voix sur cette question. La Pologne n’a pas bradé sa montagne d’UQA. Et les pays en développement, qui n’entendaient pas conclure d’accord international avant que ne soit réglé le problème posé par cette monnaie de singe climatique, sont rassurés.

Autre dossier très épineux: les financements. Les pays les plus industrialisés ont déjà versé, officiellement, 30 milliards de dollars (23 Md€) aux pays en développement et émergents entre 2010 et 2012. Au terme de l’engagement pris à Copenhague, en 2009, ces montants doivent atteindre 100 Md$ (77,3 Md€) par an, à partir de 2020. Jusque là, tout le monde est d’accord.

Les discussions se tendent lorsque les dirigeants des pays du Sud, surtout ceux des Etats-îles du Pacifique menacés par la montée des eaux, évoquent la période transitoire, entre 2012 et 2020. Une question à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Pour le moment, le «Sud» réclame 60 Md$ (46,3 Md€) d’ici 2015, année durant laquelle le prochain accord international doit être (en principe) conclu. Refus absolu des nations du Nord. Lesquelles ont néanmoins fait un geste: l’UE et la Norvège pourraient allonger une dizaine de milliards d’euros au cours des trois prochaines années. Pas sûr que cela suffise.

Pour le reste, il faudra encore attendre. Abdallah ben Hamed al-Attiya a donné jusqu’à 23 heures (heure française) aux négociateurs pour conclure sur des dossiers aussi volumineux que la seconde période du protocole de Kyoto (qui serait sur le point d’être bouclée), le financement de l’aide aux pays du Sud, l’optimisation des processus de négociation de l’accord de 2015. Il n’est pas dit que ça marche. Mais, dans l’histoire des négociations climatiques, le pire n’est pas (toujours) sûr.



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