Distilbène: la troisième génération obtient réparation

Le 29 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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Le petit-fils d'une femme ayant pris du Distilbène a obtenu aujourd’hui 9 juin de la cour d'appel de Versailles la reconnaissance d'un lien entre ce médicament et son handicap, a indiqué son avocate, Martine Verdier.

«La cour a considéré que l'exposition au Distilbène de la mère est responsable de l'accouchement très prématuré qui lui-même explique de façon directe le handicap majeur dont souffre Louis», a déclaré, devant la presse, Martine Verdier après avoir pris connaissance de l'arrêt de la cour d'appel.

Le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène, devra verser, tous préjudices confondus, quelque 1,7 million d'euros de dommages et intérêts au jeune homme, né en 1990 et lourdement handicapé, ainsi qu'à sa famille.

La cour d'appel a en revanche reporté sa décision pour le cas d'une jeune fille, née de façon très prématurée en 1995, dans l'attente des conclusions d'une expertise ordonnée dans une autre procédure et alors que les grand-mères s'étaient vu prescrire du Distilbène pendant leur grossesse.

L'avocate des familles a plaidé devant la cour en avril pour que soit reconnue la «présomption de causalité» entre le médicament et les troubles que présentent les deux enfants. «Depuis quinze ans que dure l'affaire du Distilbène, on a un recul suffisant sur les effets délétères du médicament. Donc si vous présentez ces effets et que vous avez été exposé au DES, le présomption de causalité impliquera que ce sera au laboratoire de démontrer qu'une autre cause est possible», avait-elle alors déclaré.

Le Distilbène est le nom commercial d'une hormone de synthèse prescrite en France entre 1950 et 1977 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies de la grossesse.

La nocivité du DES ou diéthylstilbestrol a été établie chez les enfants exposés in utero, en particulier chez les filles. En 1977, UCB Pharma a décidé de rendre publique sa contre-indication aux femmes enceintes en France.

En avril dernier, des chercheurs français ont réussi à prouver les effets transgénérationnels de la molécule. (Voir l’article du JDLE du 05/04/2011)

Entre 2 et 8 millions de femmes dans le monde ont été traitées par Distilbène (DES) entre 1948 et 1976. En France, il a été administré à environ 200.000 patientes. Entre 100.000 et 160.000 enfants seraient nés de mères exposées, la majorité dans les années 1970.

 


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