Distilbène, des effets jusqu’aux petits enfants

Le 05 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Le Distilbène, médicament prescrit contre les fausses couches pendant 30 ans, serait nocif même pour les petits-enfants des femmes traitées.
 
C’est ce que révèle une étude épidémiologique portant sur les effets transgénérationnels du Distilbène. Selon une dépêche AFP datée du 4 avril, l’étude montre en effet que les petits-enfants des femmes traitées avec cette hormone de synthèse sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l'hypospadias[1].
 
Entre deux et huit millions de femmes dans le monde ont été traitées par Distilbène (DES) entre 1948 et 1976. En France, il a été administré à environ 200.000 patientes.
 
Les effets secondaires connus chez les «enfants Distilbène» sont des tumeurs vaginales chez les filles et, chez les garçons, des malformations génitales (l'hypospadias).
 
Une équipe constituée autour de Charles Sultan, professeur au CHRU, s'est penchée sur la fréquence de l'hypospadias chez les petits-enfants de ces femmes traitées au DES. Cette fréquence «apparaît être 40 à 50 fois supérieure» à celle attendue, a commenté Charles Sultan.
 
En effet, selon Nicolas Kalfa, chirurgien pédiatre cosignataire de l’étude à paraître dans la revue Fertility and Sterility, la fréquence de la malformation –qui est de 0,2% dans la population- passe à 8,2% chez les garçons issus de telles grands-mères. La publication est basée sur l’observation de 1.080 grossesses.
 
Le DES, a rappelé Charles Sultan, est «un modèle d'action des perturbateurs endocriniens» chez l'animal et chez l'homme, ces substances chimiques qui peuvent interférer avec le fonctionnement des hormones. Or, a-t-il souligné, ces effets transgénérationnels ont été rapportés, chez l'animal, pour toutes les classes de perturbateurs endocriniens, dont les pesticides et le bisphénol A (composé chimique utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires).
 
La question est de savoir si le bisphénol A et les autres perturbateurs endocriniens «ne risquent pas d'avoir un effet transgénérationnel» également chez l'homme, a conclu le scientifique. Il plaide pour le principe de précaution, à savoir «réduire de 100% l'utilisation des pesticides et des polluants chimiques qui agissent en tant que perturbateurs endocriniens».


[1]L'hypospadias est une malformation congénitale de l'urètre, dont l'orifice se trouve anormalement positionné sur la face inférieure du pénis et non à son extrémité. Détectée lors de l'examen pédiatrique, elle nécessite une intervention chirurgicale quand l'enfant atteint un an environ.
 


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