Dioxyde de titane: à l’abri de l’étiquetage et des sanctions

Le 01 septembre 2017 par Romain Loury
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L'Anses est sur le coup
L'Anses est sur le coup
INRS

Jeudi 24 août, le magazine 60 millions de consommateurs publiait une enquête révélant la présence de dioxyde de titane nanoparticulaire dans de nombreux aliments sucrés. Une semaine plus tard, le gouvernement se fend d’un communiqué de réponse, jugé très insuffisant par l’association Agir pour l’environnement.

Selon le règlement européen de 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (règlement Inco), tout ingrédient contenant des nanomatériaux doit être étiqueté comme tel, par la mention «[nano]». Or à ce jour aucun produit alimentaire ne porte une telle indication.

Après de premiers résultats publiés en juin 2016 par Agir pour l’environnement, 60 millions de consommateurs a révélé le 24 août la présence dans 18 produits sucrés de TiO2 sous forme nanoparticulaire, malgré l’absence de mention «[nano]». Cet additif E171 «optimise l’aspect blanchissant de ce colorant pour les glaçages et enrobages de produits sucrés; il aide aussi à empêcher l’oxygène et l’humidité d’altérer le produit», rappelle le magazine.

Des effets cancérogènes

Or l’inquiétude grandit quant à ce produit: en janvier, une étude française menée chez le rat montrait ainsi que l’ingestion de nanoparticules de TiO2 favorisait la cancérogénèse colorectale. Sur la base de cette étude, et d’autres travaux à venir (notamment sur le fait que le nanoTiO2 pourrait franchir la barrière hémato-encéphalique), l’Anses prévoit de mener en 2018 une évaluation des dangers du TiO2 pour la santé humaine et l’environnement.

D’ici là, le gouvernement s’emploie à calmer le jeu, quitte à enfoncer quelques portes ouvertes. Dans son communiqué publié vendredi, quatre ministères (transition écologique, santé, économie, agriculture/alimentation) appellent ainsi l’Anses à «finaliser à court terme les travaux qu’elle a engagés visant à rassembler l’ensemble des données disponibles sur le dioxyde de titane».

Ces données permettront d’enrichir «la réévaluation de cette substance par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA)», ajoute le communiqué. Problème, l’Efsa a déjà publié une réévaluation du TiO2 en septembre 2016, y écartant l’idée d’un risque sanitaire au niveau actuel d’exposition des consommateurs.

Des tests publiés lors des EGAL

Autre annonce du gouvernement, de premiers résultats de tests, menés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), seront prochainement publiés lors des Etats généraux de l’alimentation, dont les travaux ont débuté mardi 29 août.

Ces analyses devaient déjà être rendues publiques fin 2016, rappelle Agir pour l’environnement dans un communiqué. Très irritée par «la fébrilité d’un gouvernement qui communique encore et toujours à défaut d’agir», l’association estime qu’«il ne s’agit plus de menacer les industriels», mais de les sanctionner, et surtout «d’adopter un moratoire sur ces produits».

En juin dernier, l’ECHA a proposé de classer le TiO2 comme «substance suspectée de provoquer un cancer par voie d’inhalation», qui concerne les travailleurs, une décision qui revient désormais à la Commission européenne. Il serait alors classé cancérogène de catégorie 2, et non de catégorie 1B (substance potentiellement cancérogène) comme le préconisait l’Anses.



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