Diminuer les pesticides via des certificats d'économie

Le 11 juin 2013 par Marine Jobert
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L'agroécologie "made in France", portée par Le Foll.
L'agroécologie "made in France", portée par Le Foll.
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Optimiser et créer une dynamique de transition sur le terrain. L’agro-écologie façon Le Foll ne passera ni par la contrainte, ni par des financements automatiques, ni par des objectifs chiffrés. «Nous travaillons dans le cahier des charges du troisième millénaire», ont répété le ministre de l’agriculture et Marion Guillou –ex-patronne de l’Institut national de recherche agronomique- qui a piloté l’étude présentée ce 11 juin sur le thème des «agricultures doublement performantes pour concilier compétitivité et respect de l’environnement». Cette double performance en gestation –il s’agit pour l’heure de «définir des critères pour caractériser ce que va être l’agro-écologie», prévient Le Foll- recouvre 35 critères, comme la capitalisation ou la marge (c’est le volet performance) et des dimensions relatives à la consommation des ressources -eau, énergies fossiles-, la vie des sols ou la biodiversité (c’est le volet environnemental). 203 pratiques ont été recensées par l’Institut nationale de recherche agronomique (Inra) et les instituts techniques, du choix génétique des animaux en passant par l’alimentation et les pratiques de labour.

 

«L’antinomie ne se joue pas entre l’économie et l’environnement, mais plutôt entre l’économie et la technicité requise, le temps d’exécution nécessaire, les techniques innovantes (qui induisent de quitter ce que l’on connaît pour essayer des choses nouvelles)», estime Marion Guillou. «Il y a également la question des investissements, comme couvrir la fosse à lisier pour limiter les rejets, maîtriser les pesticides ou l’irrigation.» «Quand on pollue, on gaspille des facteurs de production, avec des coûts pour l’agriculteur d’abord et pour la société ensuite», met en avant Stéphane Le Foll. Le ministre table sur le fait que les futurs groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE) –qui naîtront de la loi d’orientation agricole- se fixeront «des objectifs d’intrants, de production, d’impacts, etc. qui leur permettront de toucher des aides (…) Il n’y aura pas de prêt à porter».

 

Soudain, comme si elle se livrait à une confidence, Marion Guillou annonce une «proposition, rien qu’une proposition», que Stéphane Le Foll qualifiera un peu plus tard de «très intéressante». En s’inspirant des certificats d’économie d’énergie, l’actuelle directrice d’Agreenium propose que les vendeurs de pesticides soient incités à «vendre des méthodes d’économie des pesticides. Ce sera plus efficace», plaide Marion Guillou. Encore une fois, plutôt que de réglementer, on rémunère l’effort: «On a plus de chances de faire adhérer les acteurs». Pourquoi se pencher sur les vendeurs plus que sur les agriculteurs? «Parce qu'ils sont moins nombreux, enregistrés, proches des agriculteurs et qu'ils auront un intérêt à vendre de l'économie», explique Marion Guillou. 

 

L'agro-écologie passera nécessairement par une réforme de l’enseignement dans les lycées agricoles et par la formation continue, comme préconisé par une mission antérieure menée par Henri Nallet. «Les agriculteurs qui hésitent sont ceux dans la deuxième partie de leur carrière. Le renouvellement ira de pair avec l’adhésion», analyse Hervé Guyomard de l’Inra. A quel horizon? 5 ans pour réformer l’enseignement et 10 ans pour modifier les pratiques de certains agriculteurs. «Quand on touche à la réalité et au monde agricole…, hésite Stéphane Le Foll, ça peut être plus court que 10 ans!», lance le ministre, qui annonce au passage que la loi d’orientation agricole sera vraisemblablement discutée en début d’année 2014, «pour se donner plus de temps pour la négociation.»

 

 



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