Difficiles débuts de la convention de Rotterdam

Le 19 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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La première conférence des parties de la Convention de Rotterdam réunie à Genève du 20 au 24 septembre dernier, a subi déjà un accroc. Sous la pression des pays producteurs, l'amiante chrysolite est écartée de la liste des produits dangereux.

La Convention de Rotterdam a été adoptée le 10 septembre 1998. Elle est entrée en vigueur le 24 février 2004. 73 pays l'ont signé. Cette convention encadre le commerce international de produits dangereux dans le but de protéger la santé humaine et l'environnement. Dès 1989, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et la FAO constatent que des produits très dangereux comme les pesticides sont vendus dans le monde sans qu'on diffuse les mesures de précaution à prendre lors de leur épandage. Les atteintes à l'environnement sont considérables et des milliers de travailleurs décèdent de maladies graves induites par l'inhalation de ces molécules.

La Convention de Rotterdam impose désormais aux industriels vendeurs d'informer le pays importateur des risques induits par l'utilisation de produits répertoriés sur une liste faisant consensus pour les Etats signataires. Cette information est une obligation juridiquement contraignante. Elle passe par la procédure de "consentement préalable en connaissance de cause" (procédure PIC pour Prior Informed Consent, l'acronyme anglais). Parfaitement informé, le pays importateur peut décider souverainement s'il accepte ou non l'importation. Le pays exportateur doit respecter cette décision. La Convention prévoit également des échanges d'information entre les parties sur les produits chimiques. Les préparations –c'est à dire les mélanges de différents pesticides- peuvent également faire l'objet d'une procédure PIC. On a vu les premiers effets de la Convention début 2004 avec la lutte contre les crickets en Afrique occidentale. Des pays comme le Sénégal ont pu refuser des insecticides particulièrement dangereux pour préférer des solutions moins néfastes à l'environnement.

A Genève, les représentants des Etats ont ajouté 14 nouveaux produits chimiques nécessitant désormais la procédure PIC. Il s'agit des dinitroorthocresols et de leurs sels, des types de préparation en poudre pulvérisable contenant un mélange de bénomyl à une concentration supérieure ou égale à 7%, du carbofuran à une concentration supérieure ou égale à 10%, et de produits tels que binapacryl, toxaphène, dichlorure d'éthylène, oxyde d'éthylène, monocrotophos, trémolite amiante, plomb tétraéthyle et plomb tétraméthyle, parathion. La liste comprenait aussi les formes d'amiante amosite, actinolite, anthophyllite trémolite et chrysolite. Cette dernière forme représente 90% de ce minerai encore vendu dans le monde alors que l'on sait ce produit dangereux pour la santé humaine. Après un intense lobbying, les pays producteurs ont réussi à faire retirer ce produit de la liste. Cette décision constitue donc un accroc plus que sévère pour cette toute jeune convention.


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