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Dieselgate: les investisseurs demandent des comptes

Le 13 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les voitures devront émettre autant sur route que dans les laboratoires.
Les voitures devront émettre autant sur route que dans les laboratoires.

Des investisseurs s'inquiètent du lobbying anti-écologique des constructeurs automobiles.

Tant que ses conséquences n’étaient qu’environnementales ou sanitaires, la fraude de Volkswagen ne troublait pas les investisseurs institutionnels, les fameux «zinzins». Mais voilà, la Bourse n’aime pas les scandales. Et depuis la découverte qu’un logiciel truqueur équipait certains modèles commercialisés par le groupe Volkswagen et que le constructeur devra rappeler 11 millions de véhicules, les cours sont à la baisse.

Chute des cours

Depuis le mois d’août, l’action Volkswagen a perdu la moitié de sa valeur. Et nombre de grands constructeurs commencent à dévisser: Renault (-21%), PSA (-17%), Daimler (-16%), Toyota (-13%), BMW (-9%). Une évolution fort déplaisante pour les gestionnaires d’actifs.

Réunis dans la coalition ShareAction, 19 «zinzins»[1], dont Axa, viennent d’adresser un courrier à une dizaine de constructeurs automobiles[2] pour les appeler à rendre des comptes sur leur position de lobbying dans les débats sur les normes d’émission, notamment aux Etats-Unis et dans l’Union européenne, où de nouvelles normes sont en discussion.

Les lettres appellent également les constructeurs à dévoiler leurs relations avec les régulateurs sur la question des normes d’émission et les montants qu’ils versent aux associations professionnelles, telle l’association des constructeurs automobiles européens (Acea). Dit autrement: faut-il anticiper de nouveaux problèmes?

115 lobbyistes à Bruxelles

La question n’a rien d’anodin. L’ONG Influence Map, qui évalue la «qualité» du lobbying de grands groupes industriels classe en milieu de tableau les constructeurs automobiles. Ces derniers consacrent beaucoup de moyens à convaincre leurs interlocuteurs du bienfondé de leurs positions. Selon une récente étude, réalisée par Greenpeace, les Volkswagen, Fiat, Daimler, PSA et consorts consacrent 13 millions d'euros par an à leurs actions de lobbying et emploient à plein temps 115 lobbyistes à Bruxelles.

L’Acea ne désarme d’ailleurs pas. Dans un communiqué, cette dernière affirme que les tests d’évaluation des émissions doivent évidemment être plus conformes aux émissions réelles. Elle demande toutefois à l’Union européenne de mettre en œuvre progressivement ses prochaines normes. Un délai que lui refuse, par avance, Transport & Environment. «Le scandale Volkswagen montre la capacité de l’industrie automobile à tromper ou à manipuler, à échelle inédite, la législation sur les émissions. Après avoir tenté de les affaiblir, les constructeurs ont aussi réussi à retarder l’entrée en vigueur de nouveaux tests d’émission. Il est temps que les gouvernements fassent en sorte que les véhicules soient aussi propres dans les laboratoires que sur les routes», écrit l’ONG dans un courrier adressé à la Commission européenne.

Sur la route comme au labo

Selon une proposition de la Commission, les constructeurs automobiles vont devoir commencer à mesurer dès janvier prochain les niveaux d’oxyde d’azote (NOx) sur la route, en plus des tests en laboratoire, pour les nouveaux modèles. Ces tests deviendront obligatoires pour tous les véhicules à partir de septembre 2017.

Comme pour les tests en laboratoire, les voitures ne devront pas émettre plus de 80 milligrammes par kilomètre. Toutefois, contrairement à la proposition initiale faite en 2012, la Commission prévoit désormais une marge de 60% pour les 80 mg/km sur une période de deux ans (jusqu’en septembre 2019).



[1] AXA Investment Managers, Environment Agency Pension Fund, Second Swedish National Pension Fund/ AP2, Third Swedish Pension Fund/ AP3, Fourth Swedish Pension Fund/ AP4, Seventh Swedish Pension Fund/ AP7, Menhaden Capital, WHEB Group, Ilmarinen Mutual Pension Insurance Company, Öhman, The Joseph Rowntree Charitable Trust, The LankellyChase Foundation, Barrow Cadbury, Christopher Reynolds Foundation, Zevin Asset Management, Tellus Mater Foundation, Dignity Health, Sisters of St. Francis of Philadelphia, Northwest Coalition for Responsible Investment.

 

[2] Volkswagen, BMW, Honda, Daimler, General Motors, Ford, Fiat, Peugeot et Toyota.

 



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