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Diesel: la drôle de guerre de Merkel

Le 24 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Ecolo à l'extérieur, Angela Merkel est plutôt du côté des pollueurs à l'intérieur.
Ecolo à l'extérieur, Angela Merkel est plutôt du côté des pollueurs à l'intérieur.
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La chancelière d’Allemagne entend limiter juridiquement les interdictions de circulation des véhicules diesel polluants dans les métropoles. Un pari audacieux alors que les électeurs se tournent de plus en plus vers le parti des Verts.


Après des décennies de déni, l’Allemagne semble décider à lutter contre les pollutions atmosphériques d’origine automobile. Tout a commencé par une décision de justice. Fin février, la cour administrative fédérale de Leipzig autorise les métropoles allemandes à interdire la circulation des voitures diesel les plus polluantes. Une véritable bouffée d’air judiciaire, tant l’atmosphère urbaine est saturée de polluants, outre-Rhin.

Trop de métropoles à l'air pollué
Selon l’office fédéral de l’environnement, 70 agglomérations présentent de trop forts taux moyens de dioxyde d’azote, dont Cologne, Munich (berceau de BMW) et Stuttgart (patrie de Daimler et de Porsche). L’an passé, 65 villes étaient hors les clous communautaires pour les concentrations de protoxyde d’azote dans l’air.
Depuis la levée du verrou judiciaire, les tribunaux bousculent les exécutifs municipaux. Après Stuttgart, Francfort et Berlin, c’est au tour de Mayence de devoir restreindre la circulation urbaine des bagnoles carburant au gazole. Hambourg a pris les devants en leur interdisant deux tronçons d’avenue très fréquentés. Le mouvement semble irrésistible. Au grand dam des puissants constructeurs automobiles allemands. Et du gouvernement fédéral.

Merkel veut «empêcher partout»
A quelques jours d'élections régionales dans le Land de Hesse, risquées pour le parti conservateur d'Angela Merkel, la chancelière a promis de changer la loi pour «empêcher partout» ces mesures impopulaires, indique l’AFP.

Malgré les critiques qui ont immédiatement accueilli cette annonce, perçue comme une manœuvre électorale à la base légale douteuse, le gouvernement a annoncé mercredi 24 octobre qu'il examinerait un projet de loi dès  le 7 novembre en conseil des ministres.

calcul risqué

Le calcul de la chancelière apparaît des plus risqués. En Allemagne, une part importante de la population a été choquée par le scandale du Dieselgate, qui implique les géants de l’automobile, une industrie qui emploie plus de 800.000 salariés, outre-Rhin, et dont le chiffre d’affaires annuel représente 13% du PIB de la République fédérale. La tentation de l’administration Merkel de mettre des bâtons dans les roues des anti-diesel pourrait se retourner contre elle. Notamment lors des scrutins régionaux.

la Hesse verte?
Deux semaines après leur succès en Bavière (19% des voix), les Verts sont crédités de 22% des intentions de vote en Hesse, qui renouvelle son parlement régional le 28 octobre. Depuis 5 ans, le plus riche des länder d’Allemagne est dirigé par une coalition originale liant le parti conservateur (CDU) et les Verts.
Si les pronostics des sondeurs se vérifient, ces derniers pourraient prendre le contrôle de la coalition noire-verte, portant leur leader charismatique Tarek Al-Wazir au poste de ministre-président. Un exploit qui rééditerait celui de Winfried Kretschmann qui, en 2011, avait pris la présidence du Bade-Wurtemberg, autre région prospère.



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