Diesel: du labo à la route, 38.000 morts de différence

Le 16 mai 2017 par Marine Jobert
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Le diesel, un tueur de plus en plus visible.
Le diesel, un tueur de plus en plus visible.

Entre les émissions affichées par le constructeur et celles émises en conditions réelles de circulation, la différence est grande, qui augmente de 38.000 le nombre de morts par an du fait des dioxydes d’azote.

4,6 millions de tonnes de dioxyde d’azote en trop = 38.000 morts prématurées par an. C’est l’équation brutale à laquelle sont parvenus des chercheurs, en comparant les effets sur la santé de ce qu’auraient dû émettre les véhicules diesel s’ils avaient respecté les normes affichées avec la réalité des émissions des voitures et autre camions qui circulent dans 11 régions du monde. Leurs résultats, détaillés dans la revue Nature, montrent que 80% de ces décès ‘en excès’ ont eu lieu en Inde, en Chine et en Europe.

11.5000 morts ‘en excès’ en Europe

Pour le seul continent européen, ce sont près de 11.500 personnes qui sont mortes à cause de constructeurs commercialisant des véhicules qui émettent plus que les normes affichées. Les émissions ‘autorisées’ ont tué près de 28.500 personnes. En Inde, ce sont 9.400 morts attribuées à ces dépassements, pour 26.700 morts ‘dans les clous’. En Chine, 10.700 décès sont attribués aux émissions en excès, pour 31.400 morts ‘en vitesse de croisière’.

Les poids lourds sur le banc des accusés

Les poids lourds et les cars sont responsables des trois quarts de ces émissions ‘en excès’. Les véhicules, dont les émissions ont été étudiées par le biais de 30 études réalisées en conduite réelle, ont émis 13,2 millions de tonnes de NOx, soit 4,6 Mt de plus que les 8,6 Mt attendues selon les tests réalisés en laboratoire.

Après VW

L'étude a été réalisée par l'ONG ICCT (Conseil international pour des transports propres) en collaboration avec l'Université du Colorado, l'Institut de l'environnement de Stockholm et l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués, basé aux Etats-Unis. C’est cette même ICCT qui avait révélé le scandale Volkswagen. En 2013, elle dénonçait déjà les conditions dans lesquelles étaient réalisés les tests.

 

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) va-t-elle enfin se saisir de la triche à l’AdBlue? Cette solution aqueuse, composée à 32,5% d’urée et à 67,5% d’eau déminéralisée, permet de transformer 85% des polluants (oxydes d’azote, appelés NOx) en vapeur d’eau et azote inoffensif, et elle est théoriquement indispensable pour faire démarrer les poids lourds. Mais remplir le réservoir de ce mélange coûte cher, à la différence de dispositifs proposés pour quelque 20 euros sur internet, qui permettent de désactiver le système de traitement des NOx sur ces véhicules lourds. Pas tout à fait illégale, mais carrément polluante (sans compter le manque à gagner fiscal), cette fraude est connue depuis une enquête de l’association des entreprises de transport allemande Camion Pro, comme le rappelait Delphine Batho lors de la mission d’information sur l’offre automobile française. La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a réclamé cette semaine aux pouvoirs publics de sanctionner «avec rigueur» les transporteurs qui auraient recours à ces dispositifs, dont se serviraient essentiellement des transporteurs d’Europe centrale.


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