Dieppe: les goélands menacent la sécurité

Le 29 mars 2005 par Christine Sévillano
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Le port de pêche normand a reçu une nouvelle fois une autorisation préfectorale de traque naturelle des goélands, une espèce protégée. Ils ne causent pas seulement des nuisances aux particuliers mais également aux entreprises locales.

Pour la deuxième année consécutive, la ville de Dieppe (Seine-Maritime) est autorisée à mettre en place une traque naturelle des goélands, bien qu'ils soient protégés. Ils sont de plus en plus nombreux et sévissent six mois dans l'année, en période de nidification puis de ponte. Un faucon doit les effaroucher avec possibilité de destruction. «Les goélands nous posent des problèmes: non seulement ils sont agressifs et provoquent des nuisances sonores, mais certains nids, faits dans les gouttières, bloquent le cheminement de l'eau et gênent l'activité de certaines industries», explique Christian Beaufils, responsable du service d'hygiène et de sécurité de la mairie de Dieppe.

Outre les couvreurs qui peinent sur certains toits à exercer leur profession, les entreprises locales constatent des dégradations sur leurs bâtiments ou des débordements d'eau faute d'évacuation correcte. L'industrie automobile locale doit même gérer les déjections acides de ces volatiles qui rongent les peintures des voitures stockées. Les autorités locales ont tout d'abord essayé un effarouchement sonore des goélands, mais sans succès: «au départ, ils ont semblé prendre peur, mais dès que la ponte a eu lieu, à partir de mi-mai, ils ont oublié leurs craintes», poursuit Christian Beaufils. Pour pouvoir agir plus directement contre une espèce protégée, la mairie a fait valoir l'an dernier auprès du ministère chargé de l'environnement et du préfet, les problèmes de sécurité et de santé auxquels sont confrontés les citoyens. Le préfet a autorisé cette opération.

L'option du faucon a été retenue par la mairie pour des raisons de coût: 6.300 euros par an. «D'autres municipalités côtières ont fait le choix de la stérilisation des oeufs, pratique qui nécessite l'intervention d'une société privée d'alpinistes, et coûte environ 40.000 euros par an. L'impact de l'opération est limité: il reste toujours des goélands –qui ont une espérance de vie de 25 ans–, même si c'est en moins grand nombre», estime Christian Beaufils. Pourtant cette année, la mairie de Dieppe a acheté du produit pour procéder à des stérilisations de volatiles sur les bâtiments municipaux et propose d'en distribuer aux industriels et aux habitants qui le souhaitent, mais à charge pour eux d'injecter le produit dans les oeufs, avec le risque d'être attaqués par les goélands.

Depuis une vingtaine d'années, les goélands ont été attirés dans les villes littorales par les déchets (mais  Dieppe ne possède plus de décharge à ciel ouvert), l'absence de prédateur naturel et par les personnes qui les nourrissent. La présence des goélands se fait de plus en plus sentir à l'intérieur des terres.




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