Diarrhées: le réchauffement affecte la Chine

Le 03 décembre 2014 par Romain Loury
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401 millions de Chinois sans eau courante
401 millions de Chinois sans eau courante
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En Chine, le réchauffement climatique va fortement freiner les progrès pour la maîtrise des maladies liées à l’eau, notamment les diarrhées et les maladies à transmission vectorielle, révèle une étude publiée dans la revue Nature Climate Change.

 

Certes, la Chine a fait ces dernières années d’énormes progrès en matière d’accès à l’eau. Mais avec encore 471 millions de ses citoyens n’ayant pas de toilettes à domicile et 401 millions manquant toujours d’eau courante à domicile, le pays a encore beaucoup de travail devant lui. Or le réchauffement climatique ne va pas jouer en sa faveur: favorisant la prolifération des pathogènes, il pourrait freiner le taux de réduction des maladies, en particulier les diarrhées liées à l’eau.

La Chine devrait connaître un réchauffement plus rapide que la moyenne mondiale: par rapport à 2008, la température pourrait augmenter de 0,57°C d’ici 2020 et de 0,99°C d’ici 2030 avec le scénario RCP2.6 du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec). Voire de 1°C en 2020 et 1,38°C en 2030 avec le scénario RCP8.5.

Dans ce dernier cas, l’équipe de Justin Remais, de la Rollins School of Public Health d’Atlanta (Géorgie), estime que le réchauffement devrait freiner de 8,9% la diminution des diarrhées liées à l’eau. La Chine pourrait ainsi accuser en 2030 un retard de 62 mois pour son progrès dans la lutte contre la maladie, par rapport à une température restée constante depuis 2008.

Des maladies vectorielles difficiles à enrayer

Le phénomène est encore plus marqué pour les maladies vectorielles, dont le paludisme, la dengue (toutes deux liées aux moustiques) et l’encéphalite japonaise (tiques), pour lesquelles les progrès devraient être freinés de 27,8%, calculent les chercheurs.

«Même des sociétés enregistrant une amélioration rapide seront touchées par le changement climatique. Notre étude souligne le coût important de tels retards de développement, et montre comment les éviter en réduisant les émissions de gaz à effet de serre», commente Justin Remais dans un communiqué de l’université Emory (Atlanta).

Entre 2006 et 2010, la Chine a investi 10,8 milliards de dollars par an (8,8 milliards d’euros) pour améliorer l’accès à l’eau et aux toilettes. La prise en charge médicale des diarrhées liées à l’eau lui coûte chaque 11 Md$ (8,9 Md€).



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