Diabète : quand les bébés prennent de l’AGEs

Le 26 octobre 2011 par Romain Loury
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L’ingestion de produits de glycation avancée (AGEs), présents en abondance dans les aliments pour bébé, pourraient favoriser la survenue d’un diabète, selon des travaux américains publiés dans la revue Diabetes Care.
 
Egalement appelés «produits de Maillard», ces composés sont le résultat d’une réaction chimique affectant les protéines, appelée «glycation». Ils sont liés à une concentration élevée en sucres, comme lors des hyperglycémies observées pendant le diabète [1]. Ils s’accumulent donc chez les patients diabétiques, ainsi qu’avec l’âge.
 
Attachées à la Mount Sinai School of Medicine de New York, Helen Vlassara et son équipe s’intéressent aux AGEs présents dans l’alimentation, ceux liés à la cuisson et au conditionnement du produit. Selon leurs travaux, ces agents à l’activité inflammatoire pourraient favoriser l’insulinorésistance, état précurseur du diabète.
 
Un phénomène que confirme leur dernière étude, menée sur 18 patients diabétiques. Ceux débutant un régime pauvre en AGEs voyaient leur insulinémie (concentration sanguine d’insuline) et leur score Homa (indice d’insulinorésistance) chuter d’environ 30%. Selon les chercheurs, ce résultat «confirme l’hypothèse selon laquelle le taux élevé d’AGEs des diabétiques résulte également de l’alimentation», pas seulement de l’hyperglycémie.
 
Nettement plus inquiétante, une étude publiée fin 2010 par la même équipe avait révélé un taux sanguin élevé d’AGEs chez les bébés. A la naissance, il était corrélé à celui de la mère, signe d’une transmission maternelle des AGEs. Par la suite, tout dépendait de l’alimentation: or le taux d’AGEs est bien plus élevé dans les aliments industriels pour bébé que dans le lait maternel.
Résultat: la consommation d’AGEs quintuple pendant les 6 premiers mois de vie, et elle est multipliée par 7,5 en un an! «Nombre de ces enfants présentent des niveaux de dérivés méthylglyoxal [un type d’AGEs] similaires à ceux de patients diabétiques ou atteints de maladies rénales», avancent les chercheurs.
 
L’effet de ces AGEs «peut se manifester plus tard dans la vie», ajoutent-ils. Et rien n’interdit de penser qu’ils agissent déjà à un si jeune âge… phénomène qui pourrait expliquer l’incidence croissante du diabète chez les enfants, qu’il soit insulinodépendant (type 1) ou non (type 2).
 
[1] Dans le diabète, l’hémoglobine glyquée, ou HBA1c, constitue d’ailleurs un marqueur de long terme de l’exposition à l’hyperglycémie.


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