Diabète, obésité: l’effet protecteur des fibres enfin expliqué

Le 15 janvier 2014 par Romain Loury
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Des bienfaits des fibres contre l'obésité...
Des bienfaits des fibres contre l'obésité...

Une équipe franco-suédoise, lors de travaux publiés dans la revue Cell, a élucidé les mécanismes à l’œuvre derrière l’effet protecteur des fibres contre le diabète et l’obésité, qui demeuraient jusqu’alors peu compris.

«La plupart des fruits sucrés et de nombreux légumes tels que les salsifis, les choux ou les fèves sont riches en fibres dites fermentescibles. Celles-ci ne sont pas directement digestibles par l’intestin, mais elles sont fermentées par les bactéries intestinales en acides gras à courte chaîne comme le propionate et le butyrate qui, eux, sont assimilables par notre organisme», explique le CNRS dans un communiqué.

En collaboration avec des chercheurs de l’université de Göteborg (Suède), l’équipe de Gilles Mithieux, de l’unité «Nutrition et cerveau» (Inserm/université Claude Bernard Lyon 1), vient de découvrir comment les fibres, via ces petits acides gras, protègent contre l’obésité et le diabète, un phénomène jusqu’alors en grande partie inexpliqué.

Grâce à leurs expériences menées chez le rat et la souris, les chercheurs montrent que le butyrate et le propionate agissent sur la capacité de l’intestin à produire du glucose et à le libérer dans le sang entre les repas, un processus dénommé néoglucogenèse.

«Ce glucose possède des vertus particulières: il est détecté par le système nerveux présent dans les parois de la veine porte (celle qui collecte le sang provenant de l'intestin), qui à son tour envoie un signal nerveux au cerveau. En réponse, le cerveau déclenche un faisceau d'effets protecteurs face au diabète et à l'obésité: la sensation de faim diminue, la dépense énergétique de repos augmente, et enfin, le foie produit moins de glucose», explique le CNRS.

 

Les fibres stimulent la synthèse intestinale de glucose

Ainsi que le montrent les chercheurs, les animaux nourris avec des régimes riches en fibres, ou en propionate et en butyrate, présentent une augmentation de l’expression des enzymes impliquées dans la néoglucogenèse. Les deux acides gras agissent de manière différente: par contact direct avec la cellule pour le butyrate, via un axe de communication entre l’intestin et le cerveau pour le propionate.

Les chercheurs montrent par ailleurs que les souris incapables de néoglucogenèse -par mutation génétique de leur gène G6pc (qui code pour une sous-unité d’une enzyme cruciale, la G6Pase)- ne ressentent aucun effet protecteur des fibres contre l’obésité et le diabète.

Pour le CNRS, ces résultats «mettent en lumière le rôle de la flore intestinale qui, en fermentant les fibres alimentaires, offre à l’intestin les précurseurs pour produire du glucose. Ils établissent également l’importance de l’intestin dans la régulation du glucose dans l’organisme». De quoi ouvrir des pistes de recherche, préventive et thérapeutique, contre le diabète et l’obésité, concluent les chercheurs.



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