Diabète: le fructose pas si mauvais

Le 04 juillet 2012 par Romain Loury
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Le sirop de maïs gagne de nouvelles vertus
Le sirop de maïs gagne de nouvelles vertus

Les sucres ajoutés à base de fructose, dont le saccharose et le sirop de maïs (également appelé sirop de glucose-fructose), pourraient avoir un effet bénéfique sur le contrôle glycémique chez les diabétiques, selon une étude publiée dans la revue Diabetes Care.

Du fait de leur consommation en forte hausse depuis plusieurs décennies, les sucres ajoutés à base de fructose sont souvent accusés de favoriser l’épidémie d’obésité dans les pays industriels. Notamment aux Etats-Unis, où le sirop de maïs, peu utilisé en Europe, constitue environ 50% des sucres ajoutés.

Or ce lien entre fructose et obésité ne semble pas si clair, selon l’équipe d’Adrian Cozma, de l’hôpital St. Michael de Toronto (Ontario). Car si ce sucre favorise bien la hausse de certains lipides à risque cardiovasculaire, dont les triglycérides, il pourrait au contraire améliorer le contrôle de la glycémie, ainsi que le montrent leurs travaux menés chez des diabétiques.

Cette méta-analyse a regroupé 18 études publiées, au cours desquelles ont été comparés, sur quelques semaines chez des patients diabétiques, des régimes de même teneur calorique. Le fructose y était le plus souvent comparé à l’amidon, constitué seulement de glucose.

Résultat: à même apport calorique en sucres, les diabétiques du groupe fructose voyaient leur glycémie baisser de 0,072 gramme par litre (g/l) sur 4 semaines, effet plus marqué chez ceux atteints d’un diabète de type 2 (non insulinodépendant, ou diabète «gras»). Un chiffre non négligeable, le diabète se caractérisant par une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l.

Même constat pour le taux d’hémoglobine glyquée, l’HbA1c, un marqueur de glycémie à long terme couramment utilisé dans le suivi du diabète. D’une valeur initiale de 8,5%, il diminuait de 0,78% chez les diabétiques de type 1 (insulinodépendant, ou diabète «maigre»), mais semblait peu affecté chez ceux de type 2.

Selon les chercheurs, ce chiffre d’HbA1c place le fructose «à la limite inférieure d’efficacité que l’on attend d’un médicament antidiabétique de prise orale», et bien au-dessus du seuil de 0,3%, fixé par la Food and Drug Administration (FDA) comme valeur d’intérêt minimal pour les patients.

Selon les chercheurs, ces résultats restent à confirmer par des études de plus grande taille et à plus long terme -d’autant que plusieurs études incluses dans leur méta-analyse étaient de piètre qualité méthodologique. Il s’agira aussi de savoir si cet effet positif sur la glycémie pourra contrebalancer celui, négatif, sur les lipides. Constat rassurant de la méta-analyse: l’effet hypoglycémiant était observé à des doses inférieures à 60 g de fructose par jour, censées être sans impact lipidique.



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