Diabète: diversifier l’alimentation des bébés ni trop tôt, ni trop tard

Le 17 juillet 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Rien ne vaut l'allaitement maternel.
Rien ne vaut l'allaitement maternel.
DR

Chez les bébés, introduire une alimentation solide trop tôt (avant 4 mois) ou trop tard (après 6 mois) favorise fortement le risque ultérieur de diabète insulinodépendant, dit «diabète de type 1», démontre une étude américaine publiée dans la revue JAMA Pediatrics.

«Le diabète de type 1 augmente partout dans le monde, la hausse la plus rapide étant observée chez les enfants de moins de 5 ans», rappellent Brittni Frederiksen, de la Colorado School of Public Health à Aurora, et ses collègues. Outre l’âge de la mère et le poids de naissance, leur étude montre l’importance qu’il y a à respecter au mieux les recommandations nutritionnelles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS): allaitement au sein, puis diversification entre 4 et 6 mois.

Portant sur 1.835 enfants américains de la cohorte Daisy (Diabetes Autoimmunity Study in the Young), cette analyse montre que les enfants chez qui la diversification a eu lieu avant 4 mois ont un risque de diabète accru de 91%, tandis qu’il est multiplié par 3,02 chez les enfants ayant goûté leurs premiers aliments solides après 6 mois.

Particulièrement à risque, l’exposition précoce aux fruits et légumes, ainsi que celle trop tardive aux céréales sans gluten (riz et avoine). En revanche, aucune association statistique n’est constatée avec les céréales contenant du gluten (blé et orge), qu’elles soient introduites avant 4 mois ou après 6 mois.

Selon les chercheurs, une diversification trop précoce favoriserait le diabète «par une réponse anormale aux antigènes présents dans les aliments solides, du fait de l’immaturité du système immunitaire intestinal chez les enfants à risque». Difficile en effet d’extrapoler ces résultats à la population générale, les enfants inclus dans Daisy présentant soit des facteurs de risque génétique, soit des antécédents familiaux.

Quant à la diversification trop tardive, son effet sur le diabète pourrait s’expliquer soit par le fait que l’enfant nécessite de plus grandes quantités d’aliments solides pour être rassasié (ce qui aurait pour résultat un plus grand choc métabolique), soit par le fait qu’il n’est généralement plus allaité au sein à ce moment-là. L’étude montre en effet que les enfants encore nourris au sein au moment de la diversification, et non avec du lait maternisé, ont un risque de diabète réduit de 53%.

«Les parents devraient attendre au moins les 4 mois du bébé pour lui faire essayer tout type d’aliment solide. Quand le bébé est prêt, ces aliments devraient être intégrés à son régime avant ses 6 mois ou juste après, de préférence quand qu’il est encore allaité au sein», résume Jill Noris, co-auteure de l’étude, dans un communiqué de l’University of Colorado Denver.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus