DHL attend la décision du gouvernement belge

Le 13 octobre 2004 par Christine Sévillano
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Le gouvernement belge doit mettre d'accord les autorités flamandes et bruxelloises sur l'extension des activités aériennes de DHL. Sinon l'entreprise allemande de courrier express délocalisera ses activités.

Les négociations du gouvernement belge avec les autorités locales des Flandres et de Bruxelles-capitale sur l'augmentation des activités aériennes nocturnes de DHL doivent se terminer dans les jours à venir.

L'entreprise allemande de courrier express attend une réponse ferme et définitive sur son avenir dans l'aéroport de Zaventem à Bruxelles la semaine prochaine. "Au départ, nous attendions une réponse le 1er septembre 2004, et elle tarde à venir", explique Xavier de Buck, le directeur commercial de DHL.

Les deux gouvernements locaux s'opposent sur les bénéfices d'une telle extension. Les autorités flamandes, qui administrent le territoire sur lequel se trouve l'aéroport, mettent en avant la création des emplois impliquée par cette hausse de l'activité de DHL. D'ici 2012, l'entreprise table sur une progression de 3.000 tonnes de colis par nuit contre 1.000 tonnes actuellement traitées. Ce plan de développement s'inscrit dans un contexte de croissance du marché mais aussi dans le cadre de la restructuration de DHL qui a racheté plusieurs sociétés comme Danzas et Ducros en France. Toutefois, ce projet nécessite un surcroît des vols de nuit et le gouvernement régional de Bruxelles s'y oppose.

La capitale subit en effet la majorité des nuisances sonores de l'aéroport. La limite autorisée des vols la nuit est de 25.000 par an. Il s'en effectue 21.000 actuellement dont 13.500 en faveur de DHL. Et la société prévoit de passer à 22.100 vols d'ici à huit ans.

Faut-il privilégier les bénéfices économiques ou environnementaux? Une bataille de chiffres fait rage, certains semblant farfelus. DHL ne s'est pas avancé sur le nombre d'emplois qu'elle compte créer, mais le Premier ministre belge, le flamand Guy Verhofstadt, table au moins sur 1.400 emplois directs sans compter quelques milliers de postes indirects. La compagnie de l'aéroport international de Bruxelles (Biac) évoquent même 9.600 emplois en 2012. Certains experts ont toutefois observé que ce chiffre ne prenait pas en compte les gains de productivité de DHL.

Même si Guy Vershofstadt partage les préoccupations économiques des autorités flamandes, dans les couloirs du ministère, on se demande si l'impact économique est réellement aussi important. D'autant plus que le coût environnemental, qui comprend notamment le financement de l'isolation des riverains, s'élèverait à 6,5 milliards d'euros selon les associations. Un retrait de DHL serait néanmoins préjudiciable à l'économie belge. Selon une étude sur l'impact économique de l'aéroport de Zaventem, réalisée en septembre 2003 par Bruno van Pottelsberghe, professeur à l'université libre de Bruxelles, DHL apporte une valeur ajoutée directe de 300 millions d'euros par an et une valeur indirecte de plus de 100 millions. Il estime que la création éventuelle de 1.000 postes issus de l'intensification de l'activité de DHL permettrait une hausse de 500 à 1000 emplois indirects. "Les autorités ont un choix de société à faire. Mais d'un point de vue économique et social, une délocalisation de DHL serait une catastrophe", explique Bruno van Pottelsberghe.

Le gouvernement fédéral, qui ne peut s'engager sans l'accord des entités fédérées, a proposé un compromis. DHL obtiendrait gain de cause contre son engagement d'investir dans une flotte moins bruyante, en particulier en remplaçant les MD11 que les autorités jugent très bruyants. "Nous utilisons ces MD11 pour des vols intercontinentaux et ce sont les avions les plus silencieux dans leur catégorie", rassure Xavier de Buck.

Le directeur commercial affirme que DHL a déjà investi plus d'un milliard d'euros entre 1999 et 2003 dans la modernisation de sa flotte. Elle a notamment acquis 34 Boeing 757 engendrant encore moins de nuisances sonores. "Nous allons poursuivre nos efforts mais nous ne pouvons promettre d'acheter des avions dont la conception n'est pas terminée et qui ne seront pas mis sur le marché avant plusieurs années simplement parce que le constructeur affirme qu'ils sont moins bruyants", a-t-il ajouté en réponse à une demande du gouvernement fédéral.

Celui-ci a demandé à l'entreprise de se s'engager à acquérir des B777, un modèle prévu pour le courant de l'année 2009. Si la demande de DHL est rejetée, elle pourrait se délocaliser et créer son grand centre européen à Leipzig en Allemagne ou à Vatry en France, les deux autres sites que la société a retenu aprè une enquête auprès d'une vingtaine d'aéroports européens.


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