Deux tiers des Français souffrent du bruit

Le 12 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Le bruit gêne 2 Français sur 3
Le bruit gêne 2 Français sur 3

Le bruit nuit gravement à la santé. C'est la conclusion du rapport de l'Académie de médecine publié le 11 juin dernier. Deux Français sur trois interrogés se plaignent du bruit à leur domicile, et 15% songent même à déménager à cause de cela, surtout à Paris. L’académie préconise d’ailleurs une série de recommandations pour réduire les nuisances sonores dans l'habitat, dont la création d'offices «bruit» dans les municipalités.

Dans l'amélioration de l'environnement, la part du bruit passe le plus souvent au deuxième plan, loin derrière la performance thermique, alors que l'incidence sanitaire et le poids économique des nuisances sonores sont majeurs, regrette l'académie qui note le rôle très important désormais dévolu aux maires.

Dans une enquête du Centre d'information et de documentation sur le bruit (CIDB) réalisée en 2010, 35% des personnes interrogées accusaient le bruit d'être à l'origine de perturbations du sommeil, 26% de stress, 22% de fatigue et de tension nerveuse, 10% de prise médicamenteuse et 7% de dépression.

Bien que le bruit ne soit pas considéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une cause directe de maladie mentale, des études suggèrent qu'il pourrait bien avoir un impact, par le biais notamment des perturbations du sommeil, estiment les auteurs du rapport.

Les méfaits du bruit sur la santé sont en effet nombreux.

Le sommeil, d'abord, est facilement perturbé. Au-delà de 45 décibels, les nuisances commencent: difficultés à s'endormir, réveil dans la nuit, insomnies, qui ont tous des incidences sur le quotidien.

Selon l'Académie de médecine, ces troubles favorisent l'irritabilité, l'anxiété, la fatigue chronique, la baisse de motivation et des performances, ou encore la dépression.

La fréquence cardiaque est également perturbée par le bruit. Des désordres cardiovasculaires peuvent toucher ceux qui sont régulièrement exposés à des intensités sonores élevées. Les auteurs du document citent ainsi un «retentissement sur le système cardio-vasculaire, susceptible de faciliter l'installation d'une hypertension artérielle, ainsi que des modifications de sécrétions hormonales (cortisol...), liées au stress, qui ont des répercussions sur le système immunitaire».

L'exposition au bruit passe également pour être responsable d'une augmentation des accidents du travail et des internements psychiatriques et d'une surconsommation de somnifères et de sédatifs.

Toutefois, souligne le professeur François Legent, auteur du rapport, «il faut tenir compte de la subjectivité du bruit, car la manière dont il est perçu dépend du contexte plus que de son intensité». Selon lui, «les femmes sont plus gênées» que les hommes, et «les personnes seules sont plus sensibles que celles qui vivent en couple».

Le rapport relève enfin qu'en dépit de la mise en place d'une réglementation de plus en plus contraignante ces dernières années, les nuisances sonores de voisinage restent un problème, notamment dans l'habitat ancien.
 

 



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