Deux ONG éreintent les agrocarburants

Le 02 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les objectifs de l'Union européenne en matière d’agrocarburants vont représenter un surcoût de 10 à 18 milliards d'euros par an pour les automobilistes en 2020, selon un communiqué publié ce jeudi 2 février par les ONG Action Aid et Les Amis de la terre.??

Dans le cadre du paquet Energie-climat, l'UE impose au secteur des transports de consommer 10% d'énergies renouvelables en 2020. Cette proportion sera atteinte grâce à un recours accru aux agrocarburants. Des carburants d’origine végétale dont la production est plus chère que celle du supercarburant ou du gazole, d’origine pétrolière.

En 2020, le litre de bioéthanol devrait coûter 19 à 41 centimes de plus qu’un litre de carburant classique, et le biodiesel 35 à 50 centimes de plus, affirment les deux associations.??

«En réalité, le surcoût sera même encore plus élevé, car un recours accru aux agrocarburants nécessitera des adaptations des moteurs et de l'infrastructure de distribution du carburant.»??

Le communiqué se base sur deux études (l‘une sur l’Allemagne, l’autre sur le Royaume-Uni) dont elles ont extrapolé les résultats à l’ensemble de l’Union européenne.

Réalisé par le Fifo institut allemand, la première estime que le surcoût de l’utilisation des agrocarburants en Allemagne devrait osciller entre 1,3 et 2,1 Md€ par an, à l’horizon 2020.

Dans un autre rapport, le même centre de recherche affirme que le surcoût de production des agrocarburants britanniques devrait osciller, à la même échéance, entre 1 et 2 milliards de livres par an (1,2 à 2,4 Md€).

Actuellement, les agrocarburants représentent 4,7% de l'énergie utilisée dans les transports en Europe.

Les ONG dénoncent leur inefficacité en matière de réduction d'émissions de CO2 et leur responsabilité dans l'enchérissement des prix des matières premières agricoles.??

Pour Laura Sullivan, d'Action Aid, «les décideurs européens doivent revenir sur leurs objectifs et les subventions aux agrocarburants, et investir dans des solutions efficaces pour réduire le carbone, car les agrocarburants européens ne réduisent pas les émissions et conduisent davantage de gens à la famine».??

«Ce sont les automobilistes et l'environnement qui vont porter le fardeau de ces objectifs mal conçus en matière de biocarburants, avec des et des émissions de CO2 plus élevés», dénonce de son côté Robbie Blake, des Amis de la terre.??

La Commission européenne conteste en bloc ces arguments en assurant que le recours aux agrocarburants dans l'UE contribuera à réduire de 21% les émissions de gaz à effet de serre en 2020.??

Quant à l'effet des agrocarburants sur les prix de l'alimentation, il ne serait que limité, affirme la Commission, pour laquelle l'objectif de 10% d'énergies renouvelables en 2020 devrait se traduire par des hausses modérées, de l'ordre de 3 à 6% pour les céréales et de 8 à 10% pour le colza par rapport à 2006.

Dans un rapport publié le 24 janvier [JDLE], la Cour des comptes française estimait à 3 Md€ le coût des agrocarburants pour la collectivité.



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