Deux néonicotinoïdes suspectés d’endommager le cerveau humain en développement

Le 17 décembre 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le cerveau humain en développement.
Le cerveau humain en développement.
DR

Quinze jours après l’interdiction temporaire de trois néonicotinoïdes par l’Europe sur plusieurs cultures, deux insecticides de la même famille –l'acétamipride et l'imidaclopride– sont dans le collimateur de l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa). Déjà connus pour leurs effets délétères sur les oiseaux, les crevettes d’eau douce mais surtout les abeilles, ces insecticides systémiques «peuvent avoir une incidence sur le développement du système nerveux humain», estime l’Efsa dans un avis scientifique rendu à la demande de la Commission européenne. En se basant sur une étude publiée en 2012 dans la revue PloS ONE, ainsi que sur des données existantes quant au potentiel des deux substances actives d'endommager le système nerveux humain en développement –et en particulier le cerveau- les experts du groupe scientifique de l'Efsa sur les produits phytopharmaceutiques et leurs résidus (groupe PPR) considèrent que les deux molécules «peuvent affecter de façon défavorable le développement des neurones et des structures cérébrales associées à des fonctions telles que l'apprentissage et la mémoire».

 

Ils considèrent que certains des niveaux actuels recommandés d'exposition acceptable à l'acétamipride et à l'imidaclopride «pourraient ne pas constituer une protection suffisante pour éviter toute neurotoxicité développementale». Ils proposent que «certains niveaux recommandés d'exposition acceptable à ces deux produits soient abaissés pendant que des recherches complémentaires sont menées pour fournir des données plus fiables sur la neurotoxicité développementale».

 

En outre, le groupe scientifique de l'Efsa sur les produits phytopharmaceutiques et leurs résidus (groupe PPR) «demande que des critères soient définis au niveau de l'Union européenne pour rendre obligatoire la soumission d'études sur la neurotoxicité développementale dans le processus d'autorisation des pesticides. Cela pourrait inclure l'élaboration d'une stratégie d'essai complète pour évaluer le potentiel de neurotoxicité développementale des substances, y compris tous les néonicotinoïdes».

 

Tout en admettant que les éléments de preuve disponibles –fournis par les industriels notamment- «sont limités», l’Efsa recommande que des recherches additionnelles soient menées pour fournir des données plus solides. L’agence appuie  le principe que soient établis des critères «clairs et cohérents» et que soit prévue, de façon obligatoire, la soumission d'études de neurotoxicité développementale dans le cadre du processus d'autorisation dans l'UE. «Cela pourrait inclure l'élaboration d'une stratégie expérimentale intégrée reposant sur une approche par étapes: réalisation d’essais de laboratoire sur des cellules (essais in vitro) dans un premier temps, suivis par des tests sur l’animal (in vivo) si les résultats initiaux suscitent des préoccupations quant au potentiel de NTD d'une substance», précise l’Efsa. D’ores et déjà, le groupe scientifique conseille que «toutes les substances néonicotinoïdes soient évaluées dans le cadre de cette stratégie d'essai».

 

Cet avis intervient au lendemain de la demande de plusieurs associations environnementales de pouvoir porter la contradiction, devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) à Syngenta et Bayer. Les deux transnationales contestent la décision de Bruxelles d’interdire pendant deux ans –et pour certaines cultures- trois néonicotinoïdes qu’elles produisent. Le moratoire a pris effet le 1er décembre, afin d’examiner si un tel arrêt améliore la santé des abeilles mellifères et autres insectes pollinisateurs, dont les populations se sont significativement effondrées depuis l’introduction de ces nouvelles molécules (à savoir la clothianidine et l'imidaclopride de Bayer et le thiaméthoxame de Syngenta).

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus