Deux grands barrages prennent l’eau

Le 30 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les grands barrages hydroélectriques sont souvent des ouvrages très contestés par les populations riveraines. Deux récents exemples en témoignent. Mercredi 28 septembre, le tribunal de l’Etat brésilien du Para a interdit aux constructeurs du barrage de Belo Monte d’altérer le fleuve Xingu, «par l’implantation d’un port, des explosions, la construction de digues, le creusement de canaux ou toute autre forme de travaux qui modifient son cours naturel». Ce qui revient à immédiatement stopper la construction du troisième plus grand barrage du monde (11.000 mégawatts de capacité prévue et un lac de retenue s’étendant sur 503 kilomètres carrés).
 
Même si cette décision ne semble pas définitive, il s’agit là d’un nouveau revers pour Norte Energia, futur exploitant de la centrale. En février dernier, un juge du Para avait déjà interdit à la Banque nationale brésilienne pour le développement de financer le projet (dont le coût est évalué à 26 milliards de dollars – 19,32 milliards d’euros) qui, selon le magistrat, ne présentait pas toutes les garanties environnementales possibles. Ce jugement avait été cassé, une semaine plus tard, au motif qu’un tel projet ne devait pas nécessairement respecter toute la réglementation environnementale.
 
De l’autre côté de la planète, la construction de grands ouvrages hydrauliques n’est pas non plus un long fleuve tranquille. La Birmanie vient de décider de suspendre un projet controversé de barrage géant financé par la Chine dans le nord du pays, après d'inhabituelles protestations populaires, a indiqué ce vendredi 30 septembre un responsable gouvernemental à l'AFP.
 
Le président Thein Sein a indiqué aux parlementaires réunis en session dans la capitale Naypyidaw que la construction du barrage de Myitsone sur la rivière Irrawaddy, serait suspendue jusqu'à la fin du mandat du gouvernement actuel. Constituant un maillon essentiel d’un groupe de 7 centrales hydroélectriques, le barrage de Myitsone est un ouvrage d’importance: 6.000 MW et un lac de retenue de 766 km2.
 
Alors que les militants birmans testent les limites d'un nouveau régime «civil» toujours contrôlé par les militaires, de plus en plus de voix s'élevaient contre cette centrale hydroélectrique, dont 90% de l'électricité est destinée à la Chine.
 
Les défenseurs de l'environnement ont notamment dénoncé le fait que des dizaines de villages seraient inondés, qu'au moins 10.000 personnes seraient déplacées et que le barrage aurait un impact irréversible sur une région très riche en biodiversité.
 
Lors d'une inhabituelle manifestation empêchée sans violence par la police lundi, des participants portaient sur leur T-shirt des slogans
appelant à mettre un terme à ce projet. Et la semaine dernière, un homme qui manifestait seul devant un bâtiment de l'ambassade chinoise à Rangoun avait été arrêté.
 
En juin, de violents combats avaient éclaté entre des rebelles kachins et l'armée birmane autour de ce barrage qui est devenu un symbole de leur lutte contre le pouvoir central.


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