Détection du plomb dans les peintures anciennes

Le 29 juillet 2005 par Charlotte Monégier
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En juin dernier, l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale et le Centre scientifique et technique du bâtiment ont rendu public un rapport portant sur la détection du plomb dans les peintures de l'habitat ancien. Une avancée contre ses effets nocifs.


Le rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse) sur la détection de plomb dans les peintures de l'habitat ancien a été rendu public en juin. Suite à une lettre de saisine des ministres chargés de la santé et de l'environnement datant du 16 février 2004, l'Afsse a mené cette étude en collaboration avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). L'objectif était de tester l'efficacité des appareils portables dits «à fluorescence X» dans la détection du plomb, commercialisés depuis plusieurs années. «Nous avons constaté que certains de ces outils ne donnaient pas de résultat satisfaisant», précise Franck Chaventré, chercheur au pôle «eau et santé» du CSTB.

La tâche est en effet difficile: les logements construits avant 1948 sont pour la plupart revêtus de peintures au plomb. Mais depuis, ils ont subi plusieurs réhabilitations des surfaces qui atténuent fortement le rayonnement de fluorescence X. «Les appareils «à source», utilisant une source radioactive, peuvent exciter les différentes couches du plomb, et sont donc très performants», reprend Franck Chaventré ; contrairement aux appareils «à tube», constitués d'un tube à rayons X, qui sont nettement moins appropriés puisqu'ils ne stimulent qu'une seule couche du métal. Sur ces constats, l'Afsse et le CSTB recommandent au gouvernement «que seuls les appareils portables « à fluorescence X » permettant d'exciter les différentes couches de l'atome de plomb soient autorisés pour la réalisation des diagnostics prévus par la réglementation».

Si cette étude a été conduite, c'est pour mieux cerner les effets nocifs du plomb et lutter contre eux. Car ils sont nombreux. Une exposition de courte durée à des concentrations élevées de plomb peut provoquer des vomissements, des diarrhées, des convulsions, le coma ou même le décès de la personne exposée. Les symptômes d'une exposition prolongée à de faibles concentrations de plomb sont moins manifestes, mais tout aussi graves. L'anémie est commune et le dérèglement du système nerveux peut affecter la fonction mentale. Et dans le pire des cas, c'est le saturnisme. Cette maladie du plomb est indemnisée au titre de «maladie professionnelle» depuis la loi du 25 octobre 1919. Mais elle ne touche pas que les salariés, les particuliers sont aussi très concernés. Dès les années 1980, plusieurs cas sont décelés chez des enfants, notamment à Paris, où les bâtiments vétustes sont recouverts de peintures au plomb. Conséquence: aujourd'hui, on ne trouve plus aucune peinture au plomb sur le marché.




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