Destruction du loup: vers un relèvement du plafond?

Le 16 décembre 2016 par Romain Loury
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Le plafond pour l'instant fixé à 36
Le plafond pour l'instant fixé à 36
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Excédés par les attaques de loups, les éleveurs de la Confédération paysanne, qui ont cessé d’occuper le jardin des Tuileries jeudi 15 décembre, ont en partie eu gain de cause auprès du gouvernement. Entre autres promesses, la possibilité d’un relèvement du nombre de tirs de défense et de défense renforcée pour la saison 2016-17.

Pour la période 2016-17 –de juillet à juillet- comme en 2015-16, le gouvernement a fixé à 36 le nombre maximal de loups à éliminer cette année, que ce soit par des tirs de prélèvement, de défense ou de défense renforcée (voir encadré). Avec 32 loups abattus depuis juillet, ce plafond est en passe d’être atteint.

Le nombre de brebis tuées en 2016 dépasse désormais les 9.000 bêtes, contre 8.935 recensées en 2015. Quant aux effectifs du loup en France, les derniers chiffres, ceux de 2015, faisaient état d’une stabilisation autour de 300, pour un nombre accru de meutes.

Les éleveurs aux Tuileries

Afin de protester contre cette situation, une cinquantaine d’éleveurs se sont installés, mercredi 14 décembre, au jardin des Tuileries avec une centaine de brebis. Ils ont rapidement eu gain de cause auprès des ministères chargés du dossier loup (agriculture, environnement), notamment en matière d’indemnisation des animaux tués et d’aide financière aux moyens de protection.

Contactée par le JDLE, Annie Sic, secrétaire nationale de la Confédération paysanne en charge du loup, indique que de nombreux dossiers étaient en souffrance: seuls 33% des dossiers (indemnisation, aide à la protection) de 2016 ont été payés, et 150 de ceux de 2015 demeuraient non réglés. Le gouvernement s’est engagé à régulariser ces situations d’ici au 15 janvier 2017.

Des promesses, pas de chiffres

Autre promesse, «un renforcement immédiat de la brigade loup», celle mise à disposition des éleveurs par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour les tirs de défense renforcée. Si nul ne sait en quoi ce «renforcement» consistera, la «Conf’» est favorable à la mise en place de trois brigades au lieu d’une seule -actuellement de six agents.

Le ministère de l’environnement s’est aussi engagé à modifier l’arrêté fixant le plafond 2016-17 à 36 individus, pour y ajouter de nouveaux tirs de défense (simple ou renforcée). En 2016, le plafond avait été rehaussé de deux loups –le projet initial était de six loups additionnels.

Un décret liant indemnisation et protection

Le syndicat n’a en revanche pas eu de promesse formelle quant au futur décret, prévu pour début 2017, qui conditionnera l’indemnisation d’une brebis morte à la mise en place effective de moyens de protection. Très opposé à cette mesure, il espère lui adjoindre des dérogations, lorsque ces protections seraient difficiles à instaurer –notamment dans le cas des départements où le loup fait son apparition.

Malgré l’approche de la présidentielle, Annie Sic a espoir de faire aboutir ces promesses rapidement. Plus aléatoire, l’engagement, réitéré par Ségolène Royal, d’«engager un travail avec [ses] homologues européens pour faire évoluer le statut du loup dans la directive Habitat». Une démarche déjà évoquée par la ministre lors de rencontres avec des éleveurs, à ce jour sans progrès, et que nombre d’associations jugent perdue d’avance.



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