Désinvestissement des énergies fossiles: un essor symbolique

Le 01 septembre 2015 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La campagne Go fossil free a été lancée à l'automne 2012
La campagne Go fossil free a été lancée à l'automne 2012

Lancée aux Etats-Unis à l’automne 2012, la campagne de désinvestissement des énergies fossiles (gofossilfree.org) touche à travers le monde près de 400 institutions. Des engagements qui restent toutefois symboliques, selon le bilan dressé ce 1er septembre à Paris.

 

«Chaque semaine, nous assistons à de nouveaux désengagements des investissements dans le pétrole, le charbon et le gaz», raconte Bill McKibben, co-fondateur du site 350.org à l’origine de la campagne Go fossil free, lors de la conférence de presse organisée ce 1er septembre à Paris. L’académie des sciences de Californie, l’association des médecins du Canada ou encore Newcastle (Royaume-Uni), l’un des plus grands ports charbonniers au monde, viennent justement de supprimer tout investissement dans les énergies fossiles.

Ces engagements sont croissants, mais ils n’en restent pas moins symboliques, à l’image de la décision du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) du 31 août. A partir du 4 septembre, toute entreprise engagée dans les énergies fossiles[1] sera en effet exclue de son fonds commun de placement socialement responsable Ethique et Partage. Geneviève Guenard, directrice administrative et financière de l’ONG, reconnaît toutefois «que ce fonds est petit et que ce désengagement ne concerne en réalité qu’une seule entreprise». La décision n’en est pas moins symbolique, après la suppression de tout investissement lié à l’armement, la pornographie ou le tabac.

 

Une campagne made in France
La campagne française "Désinvestissons pour Paris" a officiellement été lancée ce 1er septembre à l'occasion d'une conférence internationale organisée par le parti vert européen et l'ONG 350.org

Blocage hexagonal

Plus largement, l’engagement du président Hollande de stopper les crédits du charbon[2] ne s’est toujours pas concrétisé en France. «Le gouvernement français peine terriblement à arbitrer. Les ministres Laurent Fabius et Ségolène Royal y sont favorables mais il existe un gros blocage au niveau de Bercy. Emmanuel Macron semble plus attentif à la santé d’Alstom qu’à celle de la planète», affirme Yannick Jadot, député écologiste européen. La combustion des énergies fossiles est en effet responsable de 80% des émissions mondiales de CO2 et 67% des émissions de gaz à effet de serre.

S’il est enthousiaste sur le développement de la campagne de désinvestissement, Bill Mc Kibben rappelle qu’il n’est «aucunement garanti qu’elle parvienne à ses fins au niveau mondial». Certes, les signaux se multiplient dans certains secteurs, comme les universités ou les fonds éthiques, mais la capitalisation boursière des entreprises du charbon, du pétrole et du gaz représente toujours plus de 5.000 milliards de dollars (4.442 Md€) dans le monde.

 

 



[1] Il s’agit d’une des 200 entreprises de la liste Carbon Underground 200, qui recense les 100 plus grandes entreprises pétrolières et gazières et les 100 plus grandes entreprises exploitant le charbon

[2] Cet engagement a été annoncé lors de la dernière conférence environnementale en novembre 2014

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus