Des voitures de moins en moins polluantes

Le 10 avril 2009 par Sonia Pignet
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L’édition 2009 du palmarès de l’Ademe en matière d’émissions automobiles montre une baisse générale des rejets de CO2 en Europe. La France et le Portugal sont cependant les seuls pays à atteindre l’objectif européen pour les véhicules neufs de 140 grammes par kilomètre (g/km).

Bonne nouvelle dans le secteur automobile: les émissions de CO2 ont fortement diminué. Le pourcentage, en France, des ventes de véhicules aux émissions de CO2 inférieures à 140 g/km a plus que doublé en 7 ans et représente, en 2008, 63% des parts du marché (contre 50% en 2007). Cette évolution s’explique d’une part par la chute des ventes de 4x4 (moins 27% l’année dernière) et d’autre part par la multiplication du nombre de modèles à basse consommation mis sur le marché. «En 2002, on dénombrait 32 modèles émettant moins de 120 g/km. En 2008, il y en a 470», a indiqué Patrick Coroller, chef du département Transport et mobilité de l’Ademe, lors de la présentation du palmarès 2008.

Depuis 1995, la moyenne des émissions de CO2 au kilomètre des véhicules européens a elle aussi diminué (moins 32 g) pour atteindre 154 g de CO2/km sur les 8 premiers mois de l’année 2008.
Le Vieux continent présente cependant d’importantes disparités. Si les véhicules portugais et français tiennent le haut du classement avec des moyennes d’émissions de respectivement 138 et 140 g/km, les suédois et les allemands, en queue de peloton, affichent des scores de 175 et 165 g/km, encore bien loin de l’objectif européen fixé à 140 g/km.
Côté constructeurs, ils ont tous abaissé leur moyenne d’émissions (n’ayant pas souhaité communiquer ses données, Ferrari est absent du classement). Avec moins 21 g, BMW présente l’évolution la plus importante. Mais ce sont les constructeurs Fiat, PSA et Renault qui occupent le podium des voitures les moins émettrices de CO2. PSA est leader en Europe, tandis que Fiat tient le haut du pavé en France.

En France, la baise des émissions de CO2 des véhicules, de 9 g/km entre 2007 et 2008, est qualifiée de «spectaculaire» par l’Ademe. «L'année 2008 restera comme un tournant historique pour l'amélioration des performances des véhicules vendus en France», a indiqué Matthieu Orphelin, directeur du cabinet du président de l'Ademe. Plusieurs facteurs y ont contribué: la crise économique, l’augmentation des prix du carburant, l’offre étendue de véhicules basse consommation et l’effet bonus/malus. La France est également le seul pays européen à disposer de l’ensemble de l’arsenal fiscal en matière de réduction des émissions automobiles, à savoir la taxe d’immatriculation (carte grise), la taxe de circulation (sur les véhicules de société), la prime à la casse et le bonus/malus.
Cette dernière mesure, qui consiste à offrir un bonus pour l’achat d’un véhicule neuf basse consommation (émissions inférieures à 130 g de CO2 par km) et à prélever un malus pour l’achat d’un véhicule polluant (émettant plus de 160 g), a été mise en place en janvier 2008. D’après Matthieu Orphelin, elle aurait permis d’économiser 240.000 tonnes de CO2. «Depuis janvier 2008, les ventes de véhicules avec bonus ont augmenté de 50%. A l’inverse, les ventes de véhicules avec malus ont diminué de 42%», indique l’Ademe dans un communiqué.
Question rentabilité pour l’Etat ?, c’est par contre un échec. D’après le Commissariat général au développement durable, le bonus/malus a entrainé un déficit de près de 139 euros par véhicule entre février et décembre 2008. Mais l’Ademe reste confiante: ce déficit n’est que temporaire. «A partir de 2010, les seuils vont baisser de 5 g chaque année, ce qui rééquilibrera les comptes», estime Matthieu Orphelin.
Dans une moindre mesure, puisqu’elle n’a été mise en place qu’en décembre 2008, la prime à la casse, cumulable avec le bonus, aurait également contribué au succès des véhicules plus propres.

Enfin, et bien que les émissions de particules et d’oxydes d’azote n’aient pas été prises en compte dans ce classement, «les constructeurs ont anticipé les normes Euro 5 et Euro 6», a déclaré Patrick Coroller. Euro 5, qui imposera à partir de septembre 2009 les filtres à particules sur les voitures diesel, «améliorera considérablement le problème des particules», estime-t-il. Quant à Euro 6, qui abaissera les limites d’émission d’oxydes d’azote pour ces mêmes véhicules de 68% par rapport à la limite actuelle, elle entrera en vigueur en 2014.


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