Des victimes des pesticides manifestent au Salon de l’agriculture

Le 27 février 2012 par Geneviève De Lacour
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Les membres de Phyto-victimes ont occupé les allées du SIA.
Les membres de Phyto-victimes ont occupé les allées du SIA.

Une vingtaine d’agriculteurs victimes des pesticides et membres de l’association Phyto-victimes ont fait irruption, aujourd’hui 27 février, au Salon de l'agriculture qui se tient actuellement porte de Versailles à Paris. Ils ont manifesté sur le stand de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), considérée comme le lobby des pesticides.

«Nous sommes venus à visage découvert montrer au monde de l’agriculture que les pesticides ont fait et font encore aujourd’hui des ravages dans la population agricole française», a déclaré au journal le Nouvel Observateur, Paul François, président de Phyto-victimes, qui était accompagné des veuves de 4 agriculteurs, mais aussi de dockers et d’employés d'entreprises agroalimentaires ayant manipulé des pesticides.

«L'objectif est de montrer qu'il y a plus de victimes que ce que l'on pense», explique le président de l'association, qui a récemment gagné son procès contre Monsanto, leader mondial de l'agrochimie. Le 13 février dernier, la justice a reconnu que la firme américaine était responsable de l’intoxication d’un céréalier par un herbicide, ce qui l'a obligé à interrompre son activité pendant près d'un an.

Les manifestants demandent le classement de leurs affections en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux. Pour l'instant, la Mutuelle sociale agricole (MSA) n'a reconnu qu'une petite cinquantaine de cas de maladies professionnelles en lien avec les pesticides, selon Phyto-victimes.

«Il y a une omerta chez les médecins et les agriculteurs. Nous ne voulons pas jouer les paysans les uns contre les autres: ceux qui font du productivisme sont eux aussi victimes des pesticides», souligne Jacky Ferrand, viticulteur qui a perdu son fils de 41 ans, également viticulteur, d'un cancer de la vessie, à cause des pesticides selon lui.

«On a joué aux apprentis sorciers pendant des années. On nous a dit que les produits n'étaient pas dangereux», dénonce le viticulteur, pour qui les conseils de protection des fabricants sont impossibles à mettre en œuvre: «Vous me voyez faire mon job au milieu des vignes avec un scaphandre?».

«Les agriculteurs sont prêts à changer leurs méthodes, il faut leur en donner les moyens et que les firmes s'y mettent aussi», fait valoir Paul François.

«Par nature tout produit peut être dangereux, (...) Il faut réagir au cas par cas», répond Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'UIPP. «75% des produits qui étaient disponibles dans les années 90 ne sont plus aujourd'hui sur le marché», complète-t-il.

François Fillon, présent ce lundi sur le Salon, a donné rendez-vous à Phyto-victimes mercredi prochain. Dacian Ciolos, commissaire européen en charge de la PAC, a aussi donné rendez-vous, sans confirmer la date, aux représentants de l’association, à Bruxelles. Enfin, Bruno Lemaire, ministre de l’agriculture, a demandé à rencontrer, aujourd’hui sur le Salon, les membres de l’association.

Quant aux manifestants, ils ont décidé de rester porte de Versailles toute la journée, «pour mettre fin à l’omerta».

 

Sur le procès de Paul François contre Monsanto :

http://www.journaldelenvironnement.net/article/monsanto-condamne-pour-l-intoxication-d-un-agriculteur,27537

 

 



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