Des UV pour caractériser les pollutions

Le 07 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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Fruit de la collaboration entre une PME et l’école des Mines d’Alès (Gard), la «station d’alerte compacte» (Stac) permet de vérifier immédiatement si l’eau d’une rivière est polluée ou pas. Cette méthode est adaptée à la surveillance des points de captage d’eau potable.

La station d'alerte compacte utilise l'analyse spectrophotométrique des ultraviolets (UV). «Chaque molécule absorbe différemment le rayonnement ultraviolet, explique Daniel Constant, PDG de Secomam (33 salariés, chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros). La spectrophotométrie permet ainsi de mesurer cette différence entre 200 et 350 nanomètres de longueur d'ondes. On obtient ainsi un profil spectral de l'échantillon.» Les matières organiques DBO, DCO, carbone organique total, les matières en suspension, les nitrates sont ainsi trahis par leur spectre. La station peut également déceler une large famille de pesticides et les hydrocarbures.

A cela rien d'étonnant, la Stac est directement déclinée de méthodes de qualification rapide des effluents industriels: «Notre laboratoire travaille à élargir la gamme des substances qui peuvent être détectées par les UV, explique Evelyne Touraud, chercheuse au laboratoire du génie de l'environnement industriel à l'école des Mines d'Alès. Cette technique permet de mesurer la qualité de l'effluent en amont de la station d'épuration de l'industriel afin de vérifier qu'il n'y a pas une modification du rejet. En aval, la spectrophotométrie permet de s'assurer que les normes sont bien respectées.»

C'est la sensibilité du procédé qui a incité Daniel Constant à l'adapter à la surveillance des eaux en milieu naturel. Les exigences des directives européennes ainsi que les normes sanitaires en matière d'eau potable imposent une surveillance accrue des points de captage: «Or, les moyens actuels nécessitent un prélèvement qu'il faut apporter en laboratoire pour une analyse qui demande au mieux un jour», explique Daniel Constant. Avec la Stac, la présence de polluants est tout de suite révélée. Il n'y a pas d'utilisation de réactifs et la lecture du résultat est immédiate pour un technicien. L'exploitant peut donc réagir immédiatement.

La technique a cependant des limites. Si elle détecte une pollution, même minime, elle ne peut la quantifier. Seul le laboratoire peut donner des concentrations de polluants. Les deux voies ne sauraient donc s'exclure. Mais la spectrophotométrie pourrait bien résoudre dans les prochaines années les difficultés d'application des textes européens. Pour maîtriser les risques sanitaires, la directive-cadre sur l'eau exige par exemple qu'en matière d'eau potable, de baignages, d'eaux à usage récréatif, d'aquacultures ou de conchyliculture, les résultats des prélèvements soient immédiats pour être portés à la connaissance des utilisateurs du milieu. Secomam espère bien se glisser dans ce nouveau marché de la mesure et de l'analyse. La Stac coûte 9900 euros, prix public.


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