Des transports urbains chers et peu efficaces

Le 22 avril 2005 par Claire Avignon
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tramway
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Présenté comme une «véritable photographie du territoire», le rapport de la Cour des comptes sur les transports publics urbains montre que les politiques locales et nationales dans ce domaine ont échoué à intégrer la problématique émergente de l'étalement urbain.

Les lourds investissements des collectivités locales (11 milliards d'euros par an) dans les transports publics urbains n'ont pas empêché le développement du trafic automobile les dernières années. C'est la principale conclusion du rapport public de la Cour des comptes sur les transports publics urbains. Ces derniers ont bien vu accroître le nombre de leurs passagers, mais cela n'a pas suffit à arrêter la progression de l'utilisation des voitures. Or les diverses lois adoptées dans la dernière décennie (1) pour renforcer les transports publics avaient pour objectif, précisément, de réduire cette source de pollution et de congestion.

Plusieurs raisons expliquent ce constat, à commencer par le changement de nature de l'habitat. «Le choix d'un logement en milieu rurbain, voire rural, rend le plus souvent incontournable l'usage d'une ou plusieurs automobiles par famille, estime Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes. Pour réagir à ces évolutions de fond, il faut repenser la stratégie globale de prise en compte des besoins de déplacement de la population.»



Cela commence par une nouvelle organisation entre collectivités locales, Etat et autorités organisatrices. Excepté l'Ile-de-France, les autorités organisatrices ont généralement un périmètre d'action restreint, malgré leur regroupement récent sous la forme d'établissements publics intercommunaux ou de syndicats mixtes. «Ce mouvement de concentration n'a pas mis fin à l'inadéquation des périmètres d'intervention et à la multiplicité des centres de décision», note le rapport. Une organisation plus intégrée, à l'instar du syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) «permettrait aux collectivités territoriales de mieux coordonner les moyens existants, qu'il s'agisse du transport sur rail (tram/train), du transport routier (connexion urbain/interurbain) ou des autres moyens de déplacement», continue le rapport.

Une autre piste pour améliorer l'attractivité des transports collectifs urbains réside dans une gestion plus performante des services. Car aujourd'hui, «la productivité des constructeurs automobiles est meilleure que celle des transports collectifs», rapporte Jean-François Bénard, président de la septième chambre de la Cour. Le rapport propose que les autorités organisatrices recherchent les gains de productivité dans leurs relations avec les opérateurs du service, notamment en procédant à une mise en concurrence. Une seconde voie consiste à rééquilibrer les coûts entre les différents financeurs, c'est-à-dire les contribuables, les entreprises -via le versement de transport (2)- et les usagers. «Au cours des dix dernières années, le produit de versement du transport  a augmenté deux fois plus vite que les dépenses des transports urbains de voyageurs.» Les dépenses des collectivités locales ont également fortement augmenté. C'est pourquoi la Cour des comptes conclut qu'il est nécessaire d'enrayer la tendance à la réduction de la part supportée par l'usager, sans toutefois, que l'attractivité des transports publics soit réduite.



(1) Loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie (Laure) de 1996, loi d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire de 1999, loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) de 2000

(2) Imposition assise sur la masse salariale pour les entreprises de plus de 9 salariés




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