Des tomates demi-séchées derrière l’hépatite A

Le 19 avril 2011 par Romain Loury
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Une épidémie d’hépatite A liée à des tomates semi-séchées d’origine turque, commercialisées dans des sandwicheries, est survenue début 2010 en France, rapporte l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (http://www.invs.sante.fr/beh/2011/13_14/beh_13_14_2011.pdf).

Depuis 2005, cette maladie d’origine virale, qui se transmet avant tout de personne à personne par voie oro-fécale, fait l’objet d’une déclaration obligatoire. C’est ce mécanisme de surveillance qui a permis aux autorités de santé de relever le nombre « anormalement élevé » de 18 cas survenus entre novembre 2009 et janvier 2010 dans le Lot, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.

Saisi de cette situation, le Centre national de référence (CNR) de l’hépatite A a lancé une investigation nationale : au total, 59 cas ont été relevés sur cette période dans 19 départements. D’autres analyses (étude cas-témoin, comparaison de séquences virales) ont vite permis d’en identifier l’origine : des tomates semi-séchées d’origine turque, distribuées à trois chaînes de sandwicheries par le même fournisseur.

Comme pour toute hépatite A d’origine alimentaire, le virus, qui résiste à la congélation, provient certainement d’une contamination fécale par un manipulateur des denrées infecté. Le lot en question, de 8,5 tonnes, a été écoulé dans d’autres pays européens, mais aucun n’a notifié de cas, note l’InVS.

Ce n’est pas la première fois que des tomates semi-séchées importées de Turquie sont à l’origine de telles épidémies : en 2009, elles ont causé « plus de 200 cas » d’hépatite A en Australie, 13 cas début 2010 aux Pays-Bas.

« Les épidémies liées aux tomates semi-séchées restent cependant très rares et leur consommation n’est donc pas à déconseiller », tempère l’InVS. « Néanmoins, elle devrait être recherchée lors de l’investigation d’une épidémie d’hépatite A », conseille-t-il.

Au-delà des tomates semi-séchées, des oignons verts, des framboises et des fraises ont déjà été mis en cause dans de telles épidémies alimentaires d’hépatite A. Mais la plus importante survenue en France (111 personnes en 2007) était liée à des huîtres.



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