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Des suies moins réchauffantes que prévu

Le 29 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La combustion du gazole produit des suies de carbone pratiquement pures.
La combustion du gazole produit des suies de carbone pratiquement pures.
EPA

Voilà une étude qui devrait faire parler d’elle. Dimanche 28 septembre, Øivind Hodnebrog et deux de ses collègues du centre international de recherche sur l’environnement et le climat d’Oslo (Cicero) ont publié, dans Nature Communication, une nouvelle évaluation du risque climatique posé par les suies de carbone.

S’appuyant sur de récentes observations, les trois chercheurs norvégiens estiment qu’il faut significativement revoir à la baisse (peut-être d’un facteur deux?) le pouvoir de réchauffement attribué à ces aérosols issus de la combustion des énergies fossiles et de la biomasse.

Modèles déconnectés des observations

Pour faire simple, ces particules de suies sont plus ou moins «réchauffantes», selon l’altitude à laquelle elles se trouvent. Très réchauffantes à haute altitude, elles sont réputées avoir indirectement un effet refroidissant en interagissant avec certains types de nuages.

Les scientifiques du Cicero estiment que les modèles climatiques sont trop déconnectés des observations et placent systématiquement les suies de carbone à haute altitude, là où elles réchauffent le plus. D’autre part, ces particules étaient réputées insolubles. Or de récentes observations montrent que, dans certaines conditions, elles peuvent être lessivées par les pluies en quelques heures. Résultat: le black carbon réchauffe plus dans les simulations que dans la réalité.

Une évaluation débattue

Inconnues il y a quelques années encore, ces suies sont considérées comme aussi dangereuses pour le climat que le puissant méthane. Un récent rapport du programme des Nations unies pour l’environnement en fait l’un des ennemis climatiques numéro un.

Le sujet fait pourtant débat au sein de la communauté des climatologues. «Lors de la rédaction du 5e rapport d’évaluation du Giec[1], certaines études évaluaient le pouvoir réchauffant des suies de 0,2 watt par mètre carré quand d’autres l’estimaient à 0,8. Nous avons dû le placer au milieu de la fourchette», explique Olivier Boucher, l’un des rédacteurs du rapport.

Si les conclusions des chercheurs du Cicero se vérifient (d’autres articles sous presse vont dans le même sens), le cours des négociations climatiques pourrait en être changé. De gros pays émetteurs, comme les états-Unis ou la Chine militent depuis longtemps pour que la communauté internationale reconnaisse les efforts consentis pour réduire les contributeurs au réchauffement à vie courte, dont les suies.

Leur intérêt est compréhensible: diminuer les émissions de ces contributeurs au réchauffement est plus facile que d’abattre les rejets de CO2, de méthane ou de protoxyde d’azote. Plus facile mais pas forcément plus efficace. A moins, bien sûr, de considérer l’impact sanitaire de l’émission des suies. Composant essentiel des particules fines (PM 2,5), les suies de carbone sont terriblement toxiques à long terme, rappelle un rapport de l’OMS Europe.

 



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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