Des sprays assainissants bien toxiques

Le 09 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Contrairement aux yaourts, les sprays bio peuvent être fatals aux chats.
Contrairement aux yaourts, les sprays bio peuvent être fatals aux chats.
VLDT

Les bombes désodorisantes, bactéricides ou acaricides contiennent des substances toxiques, parfois interdites en agriculture, dénonce le magazine 60 Millions de consommateurs.

On tue avec des produits inoffensifs. Vous n’y croyez pas? Et pourtant, tel est le message subliminal auquel les fabricants de sprays assainissants nous ont fait croire. Censés débarrasser nos maisons et appartements des bactéries, acariens et petites mauvaises odeurs, les ‘sprays assainissants’ diffusent, en fait, des aérosols toxiques, qui pourraient en partie expliquer l’épidémie d’allergies qui frappe les Français depuis deux décennies.

Bombes du malheur

La charge contre ces bombes du malheur intérieur est sonnée par 60 Millions de consommateurs. Dans son dernier numéro hors série, le magazine consumériste détaille les composants des désodorisants, anti-acariens ou antibactériens en bombe. Et les résultats de l’enquête sont alarmants. «La majorité contiennent des composés organiques volatiles (COV), notamment le limonène, irritant et allergisant», indiquent nos confrères.

Du bio, du naturel

Les produits contenant de soi-disant huiles essentielles bienfaisantes sont souvent richement ornés d’étiquettes mensongères vantant les qualités ‘100% bio’ ou ’100% naturelles’. Comme les autres, ils contiennent des biocides. Un tel décalage entre l’information donnée au consommateur et la réalité chimique contrevient au règlement européen du 22 mai 2012 sur les produits biocides. «Fait aggravant, souligne le magazine, 70% des marques trichent: elles font rétrécir les pictogrammes de danger, supposés alerter les consommateurs.»

Pesticides interdits en agriculture

Plus grave, peut-être, est l’introduction dans la sphère familiale de pesticides, tellement toxiques qu’ils sont désormais interdits en agriculture. Les traitements acaricides à utiliser sur les linges de lit ou les matelas recèlent souvent de puissants pesticides: azadirachtine[1] et perméthrine[2].

Au total, 60 Millions de consommateurs pointe du doigt 10 sprays assainissants, 12 produits désodorisants, 12 anti-acariens et 12 désinfectants, que «l'on nous vend pour purifier l'air» mais qui sont «la première source de pollution de nos intérieurs».

Un secteur réglementé

Parmi les produits incriminés, le magazine cite un désinfectant La Croix, des désodorisants siglés Fébrèze ou des produits Sanytol. «Notre secteur est très réglementé, se défend auprès de l'AFP l'Afise, association qui fédère les industries de la détergence, de l'entretien et des produits d'hygiène industrielle, via sa déléguée générale Valérie Lucas. «Tout est fait pour que nos produits apportent le service attendu, dans un cadre sécurisé et réglementé, avec des industriels qui tirent vers le haut pour que nos produits soient de plus en plus respectueux de l'environnement et de la santé», remarque-t-elle.

Hausse des allergies

L’exposition aux toxiques (COV, aldéhydes, pesticides) contribuent à l’augmentation des allergies, un phénomène véritablement pandémique, souligne l’Observatoire pour la qualité de l’air intérieur. En France, les maladies allergiques touchent 25 à 30% de la population. Selon l’Inserm[3], leur prévalence a considérablement augmenté au cours des trois dernières décennies. Mais ça n’est pas un sujet digne de l’élection présidentielle.



[1] Principe actif de l’huile de neem, extraite des graines de margousier.

[2] Pyréthroïde de synthèse, mortel pour les chats, très toxique pour les poissons, les abeilles et possiblement cancérigènes pour certains rongeurs.

[3] Inserm: Institut national de la santé et de la recherche médicale

 



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