Des soldats brésiliens pour protéger la forêt amazonienne

Le 07 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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8.500 soldats envoyés en Amazonie.
8.500 soldats envoyés en Amazonie.

A la veille de Rio+20, le gouvernement brésilien annonce l’envoi de plus de 8.500 soldats dans les zones reculées d’Amazonie, à la frontière avec le Surinam, le Venezuela, le Guyana et la Guyane française. Officiellement, l’opération a pour but de lutter contre le trafic de drogue, l’orpaillage et la déforestation.

«L’Amazonie est la priorité stratégique N°1 du Brésil, une richesse pour l’humanité en termes de ressource en eau, de biodiversité et pour la production alimentaire», déclare au New York Times le général Eduardo Dias da Costa Villas Boas qui est à la tête des forces militaires en Amazonie.

L’opération, qui devrait durer quelques semaines, aurait déjà porté ses fruits puisqu’une dizaine de pistes d’atterrissage clandestines ont été découvertes. Situées en territoire indien, elles sont utilisées pour l’orpaillage.

Avec 20 millions de Brésiliens qui vivent désormais dans le bassin amazonien et la ville de Manaus qui connaît une des croissances les plus rapides parmi les villes brésiliennes, la pression sur la forêt amazonienne s’intensifie.

Le 25 avril dernier, les députés ont adopté, à une large majorité, une loi réformant le code forestier de 1965. Il s’agit d’une victoire pour le puissant lobby agro-alimentaire après une bataille de plusieurs années avec les écologistes.

Depuis des mois, députés et sénateurs, lobbys agricoles et ONG bataillent autour de cette réforme qui assouplit les règles de protection de la forêt.

L’ancien texte obligeait les propriétaires terriens à conserver intacte une partie des forêts, jusqu‘à 80% en Amazonie.

Le nouveau texte, déjà entériné par le sénat brésilien en décembre, prévoit quant à lui d’amnistier tous ceux qui ont déboisé illégalement jusqu’en 2008 et la fin partielle de l’obligation de reboiser les zones déforestées, soit 690.000 kilomètres carrés de végétation.

Pour les défenseurs de l’environnement, cette réforme représente un immense pas en arrière. Avant d’ajouter que les grands propriétaires terriens, très puissants à Brasilia, se servent de l’argument des plus petits pour défendre leurs intérêts et ouvrir ainsi les vannes de la déforestation.

Selon une étude de l’université de Brasilia, la nouvelle loi pourrait, en effet, augmenter de 47% la déforestation d’ici 2020.

La réforme du code forestier qui vient d'être adoptée par le parlement doit maintenant être approuvée par Dilma Rousseff, qui représente la dernière chance des écologistes. La semaine dernière, ils ont exhorté la présidente du Brésil à opposer son veto à cette loi.

Un texte bien embarrassant pour le Brésil à quelques semaines de l’ouverture, le 20 juin prochain, de la conférence Rio+20 sur le développement durable. On peut alors s’interroger sur les vraies raisons de l’envoi de troupes militaires au fin fond de la forêt amazonienne…

 

 



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