Des signaux climatiques toujours plus pressants

Le 07 novembre 2016 par Romain Loury
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Carte des anomalies climatiques de juillet 2016
Carte des anomalies climatiques de juillet 2016
Nasa/Giss

Un Accord de Paris plus tard, le constat général avant la COP22, qui débute lundi 7 novembre à Marrakech, est le même qu’avant la COP21: plus le temps passe, plus les chances de limiter la hausse de température à +2°C s’amenuisent, et plus les records de température s’accumulent.

La folle série s’est interrompue en septembre: selon les relevés mensuels de l’administration américaine en charge de l’océan et de l’atmosphère (Noaa), les 16 mois précédents, de mai 2015 à août 2016, ont tous battu le record du mois le plus chaud enregistré depuis 1880. Et 2016 est bien partie pour supplanter 2015 au titre d’année la plus chaude.

Si septembre 2016 n’arrive qu’en deuxième position derrière septembre 2015, c’est parce que ce dernier a probablement été avantagé par un fort épisode El Niño: terres et mers confondues, le premier n’est dépassé par le second que de 0,04°C. En ne tenant compte que de la température terrestre, septembre 2016 arrive par ailleurs en première position.

Un monde en mutation

Derrière ces inquiétants signaux, les nombreuses conséquences environnementalesprobables pour les prochaines décennies sont de mieux en mieux connues. Parmi elles, une forte hausse du niveau de la mer, qui pourrait atteindre plusieurs mètres, des accidents météorologiques de plus en plus fréquents, une fonte des glaciers, un amenuisement de la biodiversité, une acidification des océans.

Le bilan humain s’annonce également lourd: réfugiés climatiques par millions, risque accru de conflits armés, menaces sur la sécurité alimentaire, explosion de la pauvreté et risques sanitaires en tout genre (malnutrition, maladies émergentes, stress thermiques, etc.).

2015, bientôt la norme

Sommes-nous déjà entrés dans une nouvelle norme climatique? Pas encore, mais cela ne saurait tarder. Selon une étude publiée dimanche 6 novembre dans le Bulletin de la société météorologique américaine, une année comme 2015 devrait être considérée comme normale (c’est-à-dire dans la moyenne)en 2025, si les émissions se poursuivent au même rythme. Et même dans le cas idéal d’un arrêt immédiat des émissions, les conditions climatiques de 2015 deviendront la norme en 2040, du seul fait des GES déjà émis.

Malgré tous les succès diplomatiques, la planète se situe sur une trajectoire de +4°C par rapport à l’ère préindustrielle, bien loin des +2°C (si possible +1,5°C) fixés par l’Accord de Paris. Ce qui n’empêche pas le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) de se lancer dans un rapport sur les conséquences d’un réchauffement limité à +1,5°C. Un seuil qui, au vu des tendances actuelles, tient de plus en plus de la science-fiction.

 



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