Des seuils critiques en passe d’être franchis

Le 21 décembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Détruire les mangroves, c'est réduire la biodiversité marine.
Détruire les mangroves, c'est réduire la biodiversité marine.
Woods Hole Oceanographic Institution

Il est de bon ton, en France, de vitupérer contre ceux qui rappellent la fragilité de notre monde.

Des écologistes, Claude Allègre pense qu’ils «sont en train de nous amener au tombeau». L’essayiste Pascal Bruckner met sur un pied d’égalité le discours «des républicains américains tentant de censurer les glaciologues et les climatologues» et «la pétition de 400 savants demandant au gouvernement de faire taire Allègre». A se demander quelle place l’écologie peut-elle occuper dans la France des Lumières, du moins ce qu’il en reste.

Les experts du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) n’en sont plus là.

Peu de temps avant l’ouverture du sommet de la terre, Rio+20, en juin dernier, la presque agence de l’ONU a publié un volumineux rapport sur l’avenir de la planète. Sombre avenir, a priori, au vu des seuils critiques que nous sommes en passe de franchir. «Une fois ces seuils critiques dépassés, des changements abrupts et peut-être irréversibles dans les fonctions de la planète nécessaires à la vie sont susceptibles de se produire en ayant des conséquences importantes pour le bien-être humain», avertissent les auteurs.

Quelques exemples, pour les sceptiques: «L’effondrement d’écosystèmes lacustres et estuairiens d’eau douce en raison de leur eutrophisation constitue un exemple de changement abrupt à l’échelle régional; la fonte accélérée de la calotte glaciaire arctique et la régression des glaciers par suite d’une amplification du réchauffement planétaire sont un exemple de changement abrupt et irréversible».

Les impacts de nos activités sur le système terrestre dégradent déjà nos conditions de vie: l’augmentation de la température moyenne a une incidence forte sur l’expansion du paludisme; inondations et sécheresses, «qui atteignent un niveau sans précédent», influent sur l’état de santé des éco-systèmes et des populations. La montée du niveau de la mer menace la sûreté et la sécurité alimentaire de nombreux Etats insulaires. La diminution de la biodiversité compromet la fourniture de services écosystémiques, telles les nurseries de poissons.

Arrêter les frais? C’est encore possible, estiment les rapporteurs. Toutefois, soulignent-ils, «en raison de la complexité du système terrestre, les réponses doivent porter sur les causes profondes, les facteurs sous-jacents des changements environnementaux et non pas simplement sur les pressions et les symptômes».



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