Des retenues d’eau inadaptées au changement climatique

Le 30 août 2019 par Stéphanie Senet
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Les retenues d'eau: une impasse
Les retenues d'eau: une impasse

Nouvelle bisbille entre les ministres de l’agriculture et de la transition écologique. Si les Assises de l’eau organisées par l’hôtel de Roquelaure s’étaient conclues, en juillet, avec l’idée de développer des «projets de territoire» pour organiser le partage des différents usages de l’eau, le ministre de l’agriculture Didier Guillaume a clairement pris le parti des agriculteurs. «J’ai obtenu une instruction arbitrée par le Premier ministre pour faire à nouveau des retenues d’eau», a-t-il déclaré le 29 août à l’antenne de CNews. Les instructions des projets devraient démarrer en 2019 selon son cabinet. Le ministre de l’agriculture avait déjà exprimé cette intention, le 23 juillet, devant les sénateurs. 

 

Fausse solution

«Cette décision est irresponsable car elle méconnaît totalement la grave crise hydrologique que connaît la France», affirme Florence Denier-Pasquier, vice-présidente de France Nature Environnement (FNE). «Il existe déjà des centaines de milliers de retenues d’eau en France et on voit déjà des problèmes de remplissage. En favorisant l’irrigation, on favorise la sécheresse et on accentue le déséquilibre structurel. C’est une fausse solution face au dérèglement climatique», poursuit-elle.

 

Sécheresses plus fréquentes

A cause du changement climatique, les sécheresses s’intensifient et deviennent plus fréquentes. «La déclaration du ministre détruit par ailleurs 18 mois de concertation opérée dans le cadre des Assises de l’eau. L’idée des projets de territoire, c’est de partager les usages de l’eau et de réfléchir à de nouvelles pratiques agricoles et à des cultures plus économes en eau», poursuit Florence Denier-Pasquier.

 

Crise généralisée

Lors du Comité de suivi hydrologique qui s’est réuni le 29 août, l’Agence française pour la biodiversité a affirmé que 37% des cours d’eau connaissent actuellement un assec ou une rupture d’écoulement. Une situation dangereuse pour les poissons et les espèces protégées, qui favorise aussi l’eutrophisation. Par ailleurs, 87 départements sont encore visés par des mesures de restriction des usages de l’eau, selon le site Propluvia du ministère de la transition écologique. «Certaines régions, peu habituées à gérer des sécheresses, sont en situation de crise, comme l’Auvergne, Le Centre Val de Loire et le Nord. C’est inédit», note la vice-présidente de France Nature Environnement (FNE). Les mesures de restriction ne sont pas d’ailleurs pas forcément suivies sur le terrain. Une mission du CGEDD[1] sera chargée de les évaluer, selon Emmanuelle Wargon. Le problème reste entier.



[1] Conseil général de l’environnement et du développement durable



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