Des retardateurs de flamme dans les sièges pour bébé

Le 20 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Aux Etats-Unis, 80% des coussins des sièges auto pour bébé, des berceaux ou des tables à langer contiendraient des retardateurs de flamme pouvant s’accumuler dans le corps des bébés, selon une étude publiée le 17 mai dans la revue Environmental Health News.

L’étude réalisée par des scientifiques de Caroline du Nord et de Californie suggère que les bébés sont exposés à au moins 8 retardateurs de flamme différents à travers une pléiade de produits vendus dans tout le pays.

Les fabricants rajoutent des composés bromés et chlorés aux coussins en mousse de polyuréthane pour ralentir la progression des flammes en cas d’incendie. Lorsque ces produits chimiques s’échappent des coussins, les enfants peuvent les inhaler, les ingérer, voire les absorber par contact cutané.
 
Heather Stapleton, auteure principale de l’étude, professeure en chimie environnementale à l’université de Duke déclare que «beaucoup de ces composés n’ont été utilisés que récemment dans des coussins, ils remplacent un autre produit interdit après 2004 parce qu’il avait tendance à s’accumuler dans l’organisme».
 
L’équipe de chercheurs a échantillonné 101 pièces en mousse de polyuréthane prélevées sur des coussins provenant de sièges pour bébés, tables à langer, couffins, matelas portables, oreillers, poussettes, chaises hautes et autres. Sur la totalité des objets testés, 80 contenaient au moins un retardateur de flamme.
 
«En général, les retardateurs de flamme détectés ne sont pas spécifiques d’un produit en particulier, d’un type de fabriquant ou d’une année de production», déclarent les scientifiques. Ces produits sont si répandus qu’il est difficile pour les parents de les éviter. Toujours selon l’étude, un des objets contenait 3 types de retardateurs de flamme différents, ce qui représentait 12,5% du poids total de la mousse.
 
Aux Etats-Unis, une loi datant de 1975 exige des objets de grande consommation –comme les coussins, les rideaux, les sièges- de pouvoir résister pendant 12 secondes à une flamme, selon une norme dite «norme d’inflammabilité californienne».
 
Linda Birnbaum, la directrice de l’Institut national des sciences de la santé et de l’environnement (Niehs, selon l’acronyme en anglais) qui a financé l’étude, affirme que la substance chimique la plus souvent détectée dans cette étude, connue sous le nom de chloré Tris (chlorinated Tris, en anglais) modifie l’ADN et pourrait être cancérigène. Certains produits sont des organophosphates, semblables aux pesticides, interdits parce qu’ils endommagent le cerveau. «J’aimerais savoir si ces substances chimiques sont des neurotoxiques et s’ils sont cancérigènes», précise la directrice du Niehs.
 
Selon les scientifiques, il faudrait utiliser un autre type de remplissage en polyester, sans ajout de produits chimiques, mais capable de passer le test d’inflammabilité.
 
 


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