Des résidus de pesticides dans le thé

Le 19 mai 2005 par Christine Sévillano
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Indonesia-pesticides
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Les sachets de thé que nous consommons chaque jour contiennent des résidus de pesticides dans les limites définies par la réglementation européenne. S'il semble que les risques sanitaires soient limités, la réglementation évolue toujours vers des teneurs moindres.

Les études sont peu nombreuses sur le sujet, même en provenance des associations de consommateurs, pourtant le thé contient des résidus de pesticides. «Le thé est produit dans des zones tropicales, les producteurs ont besoin des pesticides pour lutter contre les différents insectes de la région, nous ne pouvons donc faire autrement si nous voulons répondre à l'énorme demande mondiale», explique Christian Pineau, responsable du développement chez Unilever, producteur de la marque Lipton et premier opérateur de thé dans le monde. Les résidus de pesticides ne sont pas entièrement lavés par la pluie et sont ingurgités par les plantes cultivées dans des pays en développement, plus particulièrement au Kenya, au Malawi, en Inde, en Indonésie et au Sri Lanka.

Depuis près de 25 ans, une réglementation européenne permet toutefois de limiter ces résidus . Elle vient d'être renouvelée par le règlement 396/2005 du 23 février 2005 sur les limites maximales résiduelles (LMR) de pesticides présents dans les aliments et entrée en vigueur le 5 avril. Par exemple, la teneur maximale en résidus de pesticides dans les aliments est de 0,01 milligramme par kilo (mg/ kg) applicable par défaut, quand aucune LMR n'a été fixée de manière spécifique pour un produit. Le texte, dont le premier critère est la toxicité, est en constante évolution: «nous allons dans le sens d'une réduction des résidus en même temps que les connaissances sur les phytosanitaires s'améliorent. Notre défi consiste alors à influer sur les pratiques et les usages des producteurs», affirme Christian Pineau.

Les syndicats de professionnels négocient en permanence avec les tea-boards, les comités des producteurs de chaque pays afin qu'ils respectent les standards toujours en évolution. Les audits se multiplient pour vérifier que les fournisseurs tiennent leurs engagements. «En cas de dépassement des LMR, nous refusons la marchandise avant son exportation, mais elle peut aussi être refusée par les douanes à l'entrée du pays», explique le responsable du développement. Même si des changements sont en train de s'opérer, seule la Chine pose des problèmes aux opérateurs car elle présente un paysage très parsemé de petits exploitants peu organisés: les informations qui parviennent aux donneurs d'ordre sont médiocres. Dans les autres pays, le marché est composé de grands opérateurs plus visibles. Les fabricants de thé ont adopté des plans de suivi de leurs fournisseurs et ils rapprochent les prises d'échantillons en fonction des risques de hautes teneurs en résidus.

Deux techniques permettent de contrôler ces teneurs: les analyses chromatographiques et la spectrométrie de masse, technique également utilisée par la médecine et la chimie qui permet d'analyser une molécule en la cassant. Certains experts mettent toutefois en avant la difficulté de faire la différence entre résidus de pesticides et d'autres résidus propres à la plante aromatique. «Effectivement certaines molécules résultant de la fermentation des feuilles de thé peuvent gêner l'analyse, mais c'est aussi une question de réglage des appareils de mesure», poursuit Christian Pineau qui évalue à cinq maximum le nombre de pesticides présents dans le thé.

Aucun risque sanitaire ne serait donc à déplorer, d'autant plus qu'il semble que seules des traces infinitésimales de pesticides soient présentes dans nos tasses de thé, car ils ne sont pas solubles dans l'eau. Il faudrait boire chaque jour plusieurs dizaines de litres de thé pour être inquiété. Il reste que d'autres produits alimentaires en contiennent et qu'il est difficile de mesurer les phénomènes d'accumulation.




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