Des progrès dans la gestion du risque d’inondation

Le 10 novembre 2006 par Agnès Ginestet
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inondation_020302centreville
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Les épisodes catastrophiques de ces dernières années ont permis d’améliorer les procédures de prévention, d’alerte et de gestion de crise.

Elus locaux, membres de services publics, gestionnaires de service d'eau ont un rôle prépondérant en cas de crises graves, telles celles qu'a vécues le sud de la France en 2002, 2003 et 2005. Le 9 novembre, certains de ces acteurs ont exposé leurs retours d'expérience lors d'une journée organisée par l'Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement (Astee).

En situation de crise, Météo France donne l'alerte aux préfets et au Service de prévention des crues qui préviennent ensuite les maires. La population est informée grâce à un automate d'appel. Le maire, qui a la responsabilité des personnes et des biens, ainsi que de l'ordre public, s'appuie alors sur les Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) et les réserves communales de sécurité civile. Celles-ci sont chargées des actions de préparation et d'information de la population et du rétablissement post-accidentel des activités. Une cellule de crise est également mise en place pour coordonner l'ensemble des opérations de gestion.

Le maire dispose d'outils réglementaires comme le Plan communal de sauvegarde (PCS), qui intègre l'information préventive, la description des scénarios d'accidents, les recommandations de comportement et les actions communales comme l'hébergement des personnes touchées par la crise. «Ce plan est à géométrie variable. Il doit être adapté à la taille de la commune, mais chacun doit, lors des crises, se charger de ses tâches habituelles», explique le lieutenant-colonel Queyla, chef du groupement Grand Avignon au SDIS de Vaucluse. Selon lui, le nouveau cadre réglementaire que constitue la loi de modernisation de la sécurité civile 2004-811 (1) permet «une répartition opérationnelle mieux structurée».

Par exemple, lorsqu'une inondation se produit, un gestionnaire de service d'eau comme Veolia eau doivent «prévoir les mesures nécessaires au maintien de la satisfaction des besoins prioritaires de la population lors des situations de crise». «Aujourd'hui, on n'appréhende pas la gestion de crise comme il y a 15 ans. A Millau par exemple, il n'y avait pas de turbidimètre (2) à l'époque», explique ainsi Xavier Heber-Suffrin, de Veolia eau Montpellier. Une interdiction de consommer l'eau est systématiquement imposée par la préfecture. «Dès qu'on sait qu'on est en situation de crise, on effectue des prélèvements d'eau quotidiens pour détecter le niveau de chlore libre, la turbidité…», a précisé Xavier Heber-Suffrin. Les résultats permettent par la suite de lever ou non l'interdiction.

Au niveau national, le ministère de l'Intérieur s'occupe de tout ce qui se rapporte à l'alerte. Des conventions ont déjà été signées avec Radio France, et plus récemment avec France 2 et France 3 (3), pour informer les populations sur les risques naturels et technologiques. 69 conventions avec France bleu et 12 avec France info ont été signées.

Le ministère chargé de l'environnement est quant à lui responsable de la prévention des risques. La vigilance météo instaurée suite à la tempête de 1999 a été utile par la suite avec le placement de départements en vigilance orange. Le système vigilance crues fonctionne depuis juillet et l'atlas des zones inondables est presque achevé. «Une mission de retour d'expérience est mise en place dans le cadre de chaque crise. Elle permet de recueillir des informations précises sur les débits par exemple, et de faire évoluer la législation en matière de prévention», a indiqué Michel Ségard, de la Direction de la prévention des pollutions et des risques.

Il est à noter qu'une Association française pour la prévention des catastrophes naturelles (AFPCN) a été créée en 2001. Présidée par Yves Dauge, maire de Chinon (Indre-et-Loire), elle vise à améliorer et promouvoir des stratégies appropriées de prévention des catastrophes naturelles et des accidents technologiques liés à l'impact des aléas naturels, en France et dans le monde.



(1) Loi n°2004-811 de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004, publication au JORF du 17 août 2004

(2) Appareil pour mesurer le trouble de l'eau

(3) Une première convention-cadre a été entérinée par le ministre d'État et le président-directeur général de France Télévisions le 9 juin. Les conventions avec France 2 et France 3 ont été signées le 9 octobre.




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