Des progrès à faire dans le travail sur écran

Le 12 septembre 2005 par Christine Sévillano
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Les progrès techniques réalisés sur les écrans d'ordinateur ne suffisent pas à réduire les risques pour les salariés qui travaillent constamment sur cet outil. L'organisation du travail et l'aménagement des postes sont également à revoir.

Un nouveau document de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient de paraître sur les écrans de visualisation, à destination en particulier des professionnels de santé, rappelant les risques générés par une utilisation importante des écrans d'ordinateur et les moyens de prévention. Les salariés les plus exposés sont ceux qui ont des activités de saisie de données et de textes, mais aussi ceux qui font de la conception assistée par ordinateur (CAO) et de la vision assistée par ordinateur (VAO). Quand on pense à écrans de visualisation, on pense à la vue. Pourtant la fatigue visuelle, qui disparaît rapidement après un peu de repos, n'est pas le principal trouble qui préoccupe les chercheurs. «Aucune démonstration n'a prouvé que les écrans étaient responsables des problèmes de vue. Toutefois, ils peuvent être révélateurs des défauts de la vue», explique François Cail, physiologiste à l'INRS.

La problématique des écrans de visualisation pose surtout le problème des troubles musculo-squelettiques (TMS), notamment des pathologies touchant les articulations des membres supérieures comme les poignets et les coudes, mais aussi le dos, dues à l'aménagement du poste de travail. Mais d'autres facteurs jouent un rôle dans les TMS, comme le stress et par conséquent le contexte professionnel. «Quand les opérateurs perçoivent trop d'aspects négatifs dans leur travail, leurs muscles sont plus contractés, ce qui favorise les TMS», poursuit François Cail. Certes des évolutions technologiques ont diminué certains facteurs de risques, comme la fabrication de claviers plus minces qui permettent de réduire l'extension du poignet. «Aujourd'hui, les salariés ne sont plus formés à la frappe du clavier. Ils ignorent donc qu'il faut éviter de poser le poignet sur la table pour ne pas risquer le syndrome du canal carpien, surtout quand on utilise le bloc numérique», affirme François Cail. Certains nouveaux claviers ont une forme éclatée pour un meilleur respect des poignets et des coudes.

Les souris commencent aussi à s'adapter au salarié. Ainsi, un fabricant américain propose depuis peu des souris selon la taille de la main. «Cela peut paraître inutile, mais pour les cadres qui font de la CAO et qui en manient une pendant 80% de leur temps de travail, cela permet de réduire les TMS. Ces personnes se plaignent particulièrement de douleurs du côté droit puisque c'est le côté le plus sollicité», affirme le physiologiste. Des progrès techniques ont aussi été réalisés dans l'affichage des écrans avec un meilleur traitement anti-reflet ou des affichages à fond clair qui n'obligent pas la rétine à s'adapter à l'outil de travail. Enfin, les écrans plats permettent de gagner de la place sur le bureau et de ne pas avoir de reflets miroir. En outre, ils dégagent moins de chaleur, puisqu'ils sont d'une puissance de 30 à 40 watts contre 200 à 250 pour les écrans à tube cathodique. Sans oublier qu'ils génèrent moins de rayonnement et qu'ils ont une durée de vie deux fois plus longue. Seul obstacle: des prix encore trop élevés.

Cela ne suffit pas pour autant et l'employeur doit parfois revoir l'organisation du travail et l'aménagement des postes. Ainsi il est conseillé de rapprocher la souris du salarié et ce dans le prolongement de son épaule afin d'éviter que l'avant-bras soit trop appuyé sur le bureau. La norme iso 9.241 incite à laisser une distance de 10 centimètres (cm) entre le bord de la table et le clavier et jusqu'à 15 cm selon le type de clavier. La hauteur de l'écran est également à prendre en compte. Si l'écran est posé sur une unité centrale, il est trop haut et peut provoquer des pathologies de la nuque. Il faut qu'il soit à la hauteur des yeux, sauf si le salarié porte des verres progressifs anciens: l'écran doit être posé plus bas pour éviter que le sujet ne le regarde qu'à travers la partie basse de ses verres. Si possible, l'écran ne doit être placé ni en face ni dos à la fenêtre mais sur le côté afin que la lumière naturelle arrive sur le côté.

En outre, un décret de 1991 entré en application en 1997 prévoit une interruption du travail au clavier par une alternance des tâches, ou par des pauses. Suite à une étude, l'INRS préconise une pause de 5 minutes minimum toutes les heures. Si le rythme de travail est moins intensif, il conseille une pause après deux heures. «Mais il ne faut pas rester statique, il faut bouger et même remuer quand on est assis», conseille François Cail, qui recommande de disposer d'un dossier de 45 à 55 cm de hauteur afin d'accompagner ces mouvements. Même quitter l'écran des yeux quelques secondes peut être bon, bien que cela ne remplace pas les pauses.






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