Des POP dans la nourriture des Chinois

Le 20 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Alors que la 5e Conférence des parties (COP5) de la convention de Stockholm va s’ouvrir à Genève lundi 25 avril, une équipe de scientifiques chinois a étudié la présence de polluants organiques persistants (POP) dans les aliments de la région de Hong Kong.

La convention de Stockholm vise à interdire les POP. Toxiques, persistants dans l’environnement, ces produits chimiques carbonés mais de natures diverses ont tous la capacité de voyager sur de longues distances, de pénétrer le corps humain via l’alimentation et de s’y accumuler. A l’origine, «12 salopards[1]» ont été listés mais, depuis la signature de ce traité international en 2001, 9 nouveaux produits ont été rajoutés à la liste.

 
Une équipe de chercheurs de Hong Kong appartenant à la Hong Kong Baptist Universiy (HKBU) s’est intéressée à la région du delta de la rivière des Perles (fleuve de Canton) qui a connu récemment un important développement économique et industriel. Une région qui fait face à de nombreux problèmes environnementaux.
 
Les chercheurs chinois ont analysé plusieurs POP dans différents aliments, s’intéressant tout particulièrement aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), aux polychlorures biphényles (PCB), aux pesticides organochlorés (OCP) et aux polybromodiphényléthers (PBDE), ces derniers appartenant à la famille des retardateurs de flamme. Ils ont acheté de la viande, du lait, de l’huile, du vin et des noisettes sur des marchés et dans plusieurs grandes surfaces de Hong Kong.
 
Les Pop ont été détectés dans la plupart des aliments analysés. Pour chaque groupe de polluant organique, les concentrations les plus élevées ont été retrouvées dans les viandes et les noisettes avec une concentration totale en HAP de 47,9 nanogrammes par gramme. Les scientifiques ont pu constater une corrélation entre la teneur en lipides des viandes et des noisettes et la concentration en POP, ce qui paraît logique puisque les POP ont la capacité de s’accumuler au niveau des graisses et des tissus graisseux.
 
Mais l’étude chinoise précise aussi que les teneurs en POP détectées dans les huiles (huiles végétales, huiles de poisson) «ne sont globalement pas plus élevées que celles rapportées par certaines études américaines, australiennes et européennes».
 
L’équipe scientifique du HKBU s’est également intéressée au risque lié à la présence de ces polluants. Les concentrations en HAP, PCB, OCP et PBDBE étant inférieures aux seuils établis par l’Agence américaine de l’environnement (EPA), «la consommation de ces denrées ne présenterait donc pas d’effets néfastes pour la santé», selon les scientifiques du HKBU.
 
Mais ils précisent aussi qu’il existe peu d’informations sur le fameux «effet cocktail», c’est-à-dire les risques liés à la présence simultanée de différents polluants dans la nourriture.
 
 


[1] Pesticides: aldrin, chlordane, DDT, dieldrin, endrin, heptachlor, hexachlorobenzene, mirex, toxaphene;
Produits chimiques industriels: hexachlorobenzene, polychlorinated biphenyls (PCBs);
Sous-produits: hexachlorobenzene; polychlorinated dibenzo-p-dioxins et polychlorinated dibenzofurans (PCDD/PCDF), et PCBs.


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