Des pistes pour financer la lutte contre le réchauffement climatique

Le 18 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Nicholas Stern est le premier économiste à avoir évalué le coût des dommages climatiques.
Nicholas Stern est le premier économiste à avoir évalué le coût des dommages climatiques.

Après trois mois de réflexions, la commission Canfin-Grandjean a rendu son rapport, ce jeudi 18 juin, au président de la république. Objet de la commande présidentielle: comment financer la lutte mondiale contre le réchauffement? Vaste sujet sur lequel nombre d’économistes se sont penchés depuis que Nicholas Stern a chiffré, en 2006, le coût des changements climatiques. Le rapport étant d’une confidentialité absolue, le JDLE n’a pu prendre connaissance que de la synthèse de cette Feuille de route 2 °C.

En préambule, les quatre membres de la commission[1] rappellent les trois principaux enjeux de l’exercice:

  • mettre un terme aux subventions à la production et à la consommation d’énergies fossiles[2],
  • inciter les investisseurs à financer l’économie bas carbone,
  • tout en conservant un volume d’aides pour financer l’adaptation et l’atténuation dans les pays en développement.

On est donc bien loin des 100 milliards de dollars promis chaque année, à partir de 2020, par les pays industrialisés aux nations les moins avancées. C’est en millier de milliards qu’il faut raisonner. Ce qu’ont d’ailleurs rappelé mains spécialistes, fin mai, lors du Climate Finance Day.

taxer le CO2

Où trouver l’argent? Dans la taxation du carbone, répondent, bien sûr, les quatre rédacteurs. En commençant par taxer les émissions de gaz à effet de serre, au prorata de la richesse des pays. Les plus modestes pourraient se contenter «d’une cible carbone» flirtant entre 15 et 20 dollars par tonne de CO2, d’ici à 2020. Et 60 à 80 dollars à l’horizon 2030-2035.

taxer l'aviation

La «feuille de route 2°C» propose aussi de taxer l’aviation commerciale afin de dégager, pour les pays en développement, 2 à 6 milliards de dollars par an vers 2025. Une part du produit des enchères des quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS) pourrait aussi être affectée à l’aide au développement, soit entre 3,5 et 5 milliards de dollars par an. A cela, les rapporteurs ajoutent 10 milliards d’euros, en 2020, de «recette minimum» générée par la future (et encore hypothétique) taxe sur les transactions financières.

stratégies de financement

Dans la foulée des stratégies bas carbone, le quatuor d’experts suggère que les Etats élaborent des «stratégies nationales de financement» de la décarbonisation de leur économie, sous la supervision du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

La commission Canfin-Grandjean souligne l’importance du rôle des banques de développement, à travers notamment les garanties qu'elles peuvent accorder aux financements bas carbone dans les pays du Sud.

Intéressantes, ces propositions ne seront sans doute pas à la hauteur des espérances de nombreux pays en développement et émergents qui conditionnent le succès de la COP 21 à un important soutien financier des pays du nord.



[1] L’économiste Alain Granjean, l’ancien ministre Pascal Canfin, l’économiste Ian Cochran et l’ex-banquière Mireille Martini.

[2] Dont le coût est estimé par le FMI à 10 millions de dollars par minute.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus