Des phoques porteurs d’une nouvelle souche de la grippe

Le 31 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un phoque retrouvé mort en septembre dernier sur une plage du New Hampshire
Un phoque retrouvé mort en septembre dernier sur une plage du New Hampshire

Des scientifiques américains ont identifié une nouvelle souche de la grippe dans une population de phoques (Phoca vitulina) de la côte Est des Etats-Unis. Ils redoutent que cette souche puisse affecter les humains.

C’est la mort mystérieuse, en 2011, de 162 phoques sur la côte de Nouvelle Angleterre qui a intrigué les scientifiques. Ils ont d’abord pensé que ces mammifères avaient succombé des suites d’une pneumonie. Mais ont très vite eu la surprise de découvrir, en autopsiant 5 de ces animaux, que leur décès était lié à la présence du virus de la grippe.

La souche H3N8 de type A est un virus présent chez les oiseaux d’Amérique du Nord depuis 2002 -la grippe aviaire- mais qui aurait récemment muté pour affecter les mammifères marins, selon les résultats de l’étude menée par des biologistes de l’université de Columbia (Etats-Unis), et publiée aujourd’hui 31 juillet dans la revue American society for microbiology.

L’apparition d’une nouvelle souche de la grippe affectant les humains a eu lieu à 4 reprises au cours du siècle dernier. En 1918, la grippe espagnole fut l’une des épidémies les plus meurtrières puisque fatale à plus de 50 millions de personnes.

«C’est une souche [H3N8 de type A ] en circulation depuis déjà quelques temps parmi les oiseaux mais nous n’avions jamais observé un tel taux de mortalité jusqu’à présent», explique le professeur Ian Lipkin, l’un des co-auteurs de l’étude. Le virologue est connu pour avoir mis en évidence le virus du Nil occidental et le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère). Pour lui, ce virus a déjà subi une mutation puisqu’il est maintenant capable de se lier à la fois aux récepteurs de la grippe des oiseaux et aux récepteurs de la grippe des mammifères marins.

En mutant, le virus est d’ailleurs devenu plus virulent puisque les conséquences sur les phoques sont maintenant plus sévères. En fait, le virus H3N8 a acquis la capacité de cibler une protéine du tract respiratoire. C’est une des raisons pour laquelle les vétérinaires ont d’abord pensé que les phoques de Nouvelle-Angleterre étaient morts de pneumonie.

Constatant cette récente mutation, les scientifiques s’inquiètent maintenant d’une possible transmission vers l’homme. «Mais cela ne veut pas dire qu’une pandémie est imminente», précisent-ils.

Les phoques jouent le rôle de transmetteurs du virus comme les cochons ont pu jouer ce rôle auparavant avec la grippe aviaire. Ils ont cette capacité puisqu’ils possèdent les mêmes récepteurs de la grippe que les oiseaux, outre les récepteurs des mammifères.

Il s’agit donc d’une espèce «hôte» dans laquelle le virus peut s’adapter, évoluer, acquérir un phénotype plus adapté aux mammifères et donc devenir plus dangereux pour ces derniers.

Les auteurs de l’étude se disent très surpris de voir apparaître le virus dans une population de phoques. Pour eux, les voies de transmission de la grippe à l’homme sont vraiment multiples. «La grippe peut prendre des routes vraiment imprévisibles!», concluent-ils.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus