Des petits matins gavés de sucres

Le 21 décembre 2011 par Romain Loury
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Les céréales de petit-déjeuner pour les enfants comportent souvent beaucoup trop de sucres, selon une étude américaine menée par l’ONG Environmental Working Group (EWG).
Dans un pays, les Etats-Unis, dont 20% des enfants sont jugés obèses, le constat a de quoi alarmer: seule une marque de céréales sur quatre répond aux recommandations gouvernementales en matière de sucres ajoutés, à savoir qu’elle est en dessous du seuil de 26% du poids total [1]! Pour les autres, on en est souvent très loin.
 
Parmi les 84 produits à base de céréales analysés par l’EWG, le plus chargé est le célèbre «Honey Smacks» de Kellogg’s, dont 55,6% du poids total se compose de sucres. Kellogg’s et Quaker Oats se partagent les 10 premières places, souvent avec des produits non commercialisés en France. Parmi eux, l’étrangement multicolore «Froot Loops Marshmallow» de Kellogg’s, à base de bonbons comme son nom l’indique.
 
Quant aux céréales les mieux classées, l’EWG en dénombre plusieurs sans sucres ajoutés ou édulcorants, sans pesticides ou OGM. Indices pour mieux les reconnaître: ils sont «généralement en haut des rayons», sont «plus difficiles à saisir et pas à portée de l’œil», mais «souvent moins chers».
 
«Les compagnies commercialisant ces céréales ont dépensé des fortunes pour convaincre les parents que ‘petit-déjeuner d’un enfant’ signifie ‘céréales’, puis que les céréales sucrées sont agréables, sans risque et que les enfants en mangeront», explique la nutritionniste Marion Nestle, citée par un communiqué de l’EWG.
 
Selon elle, aucune agence publique «ne peut aligner le budget dépensé par ces firmes pour un seul de leurs produits», une promotion qu’elle estime à «20 millions de dollars par an, voire plus». «Les enfants ne devraient pas manger du sucre pour leur petit-déjeuner, ils devraient consommer de vrais aliments», ajoute-t-elle.
 
Au-delà de l’obésité, c’est toute la santé d’un pays qui pourrait pâtir d’une alimentation aussi déséquilibrée, notamment avec l’explosion du diabète qui se poursuit. Selon la congressiste démocrate Rosa DeLauro (Connecticut), «nos enfants vont affronter un avenir de santé déclinante, et ils pourraient être la première génération à avoir une moindre espérance de vie que leurs parents».
 
[1] Ce seuil de 26%, qui n’a rien d’obligatoire pour les industriels du petit-déjeuner, a été proposé par l’Interagency Working Group on Food Marketed to Children, groupe de travail réunissant plusieurs agences publiques concernées par l’alimentation infantile. L’EWG propose quant à elle de descendre encore plus bas, à 15%.


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