Des pesticides dans notre vin!

Le 26 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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52 vins, rouges et blancs, conventionnels et biologiques, ont été analysés
52 vins, rouges et blancs, conventionnels et biologiques, ont été analysés

Dans son numéro à paraître en mai, le magazine 60 Millions de consommateurs révèle avoir analysé le contenu en pesticides de 52 vins, bios et non bios.

Les viticulteurs consommant de grosses quantités de produits phytosanitaires pour lutter contre les maladies de la vigne, l’idée du magazine était de rechercher les traces de ces polluants dans les bouteilles de vin. «Arrivent-ils jusque dans nos verres? Et si oui, à quelle hauteur?», s’interroge 60 Millions de consommateurs.

C’est donc un total de 29 molécules actives, des pesticides et des fongicides, qui ont été recherchées dans 52 vins rouges et blancs, conventionnels et biologiques, issus de France mais aussi d’autres pays. «Nous avons défini une liste de 29 substances à rechercher en priorité», précise le magazine; le choix des molécules étant basé sur le rapport «plan de surveillance des résidus en viticulture», un document daté de 2005 et réalisé par la Direction générale de l’alimentation. Environ les deux tiers de ces molécules servent à combattre les champignons du raisin: mildiou, botrytis (responsable de la pourriture grise) et oïdium. Le mildiou et l’oïdium étant les champignons les plus redoutés et donc les plus combattus chimiquement, surtout les années de forte pluviosité.

Les autres molécules recherchées sont des insecticides, notamment 6 dirigés contre les tordeuses, des chenilles parasites. Enfin, a été ajoutée à la liste l’ochratoxine A, une mycotoxine susceptible de se développer sur le raisin et potentiellement toxique pour l’homme.

Résultats des analyses, tous les vins issus de la viticulture conventionnelle contiennent des traces de pesticides, mais à des doses souvent faibles - entre 0,1 et 18,8 microgrammes par litre (mg/l)-, précise 60 Millions.

Le plus étonnant reste que des résidus de pesticides ont été détectés dans des vins «issus de raisins certifiés biologiques». Selon le magazine, sur 11 vins bios étudiés, seuls 2 ne contenaient aucun des polluants recherchés. L'un d'entre eux contient même jusqu’à 13 molécules différentes.

Pour quelle raison? Les viticulteurs expliquent que ces traces de polluants sont liées à des contaminations accidentelles, les parcelles bio étant proches des conventionnelles qui utilisent des produits phytosanitaires.

La viticulture qui est le secteur agricole en France qui utilise le plus de pesticides -20% de la quantité totale appliquée- n’a pas, paradoxalement, établi de limites maximales de résidus (LMR) pour le vin, seulement pour les raisins de cuve. Pourtant, au vu des résultats, imposer ces LMR au produit fini paraît indispensable.

«Le nombre de molécules différentes nous interpelle sur la pollution de l’environnement, commente 60 Millions de consommateurs. Sans compter qu’on ignore l’impact sanitaire lié aux éventuels cocktails de molécules», conclut le magazine.

Lien vers le rapport: «Plan de surveillance des résidus en viticulture»

http://www.scribd.com/doc/91380592/enqueteraisin

 

 



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